Le sommet européen a débuté à Ypres

Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent jeudi et vendredi en Belgique pour leur sommet de juin, qui s'annonce "riche en symbolique et en émotion", selon les mots d'un diplomate attaché aux préparatifs. Après une première soirée à Ypres, où ils commémoreront le centenaire de la première guerre mondiale, les leaders rejoindront Bruxelles pour arrêter leur candidat à la présidence de la Commission.

Dans la ville martyre de la Grande Guerre, en Flandre occidentale, les dirigeants européens assisteront à une cérémonie spéciale du Last Post, du nom de cet hymne joué tous les soirs à la porte de Menin en hommage aux soldats tombés dans la région, parmi lesquels de très nombreux Britanniques.

Au cours de la soirée, un dîner leur permettra d'évoquer le passé, mais surtout l'avenir. Ils adopteront en effet leurs priorités pour les cinq années de la nouvelle législature européenne.

Un sommet européen "riche en symbolique et en émotion

Le lendemain, de retour au siège traditionnel de leurs délibérations, à Bruxelles, ils procéderont à la désignation du prochain président de la Commission. L'ambiance devrait être moins pacifique que la veille. Le Royaume-Uni est en effet farouchement opposé au choix de Jean-Claude Juncker, pourtant seul à même de recueillir l'assentiment du Parlement européen.

Après une campagne féroce contre le Luxembourgeois, le Premier ministre britannique David Cameron semble sur le point de concéder une défaite diplomatique importante. Si ses prédécesseurs John Major et Tony Blair avaient réussi à empêcher deux Belges jugés trop fédéralistes, Jean-Luc Dehaene et Guy Verhofstadt, d'obtenir le poste, lui ne réussira pas à freiner le Luxembourgeois.

Tout au plus est-il parvenu à ce qu'un vote soit organisé: il pourra ainsi démontrer à sa population très eurosceptique qu'il s'est opposé jusqu'au bout à celui que la presse locale a surnommé "Junk Juncker" ("Junker pourri").

Mais ce vote risque aussi de prouver à quel point Londres est désormais isolée sur la scène européenne. Même les Suédois, initialement opposés à Jean-Claude Juncker, ont annoncé qu'ils se rallieraient au compromis. Seul Viktor Orban, le très controversé Premier ministre de Hongrie, semble pouvoir rejoindre le camp anti-Juncker.

A côté de ces débats difficiles, qui rendent plus aiguë que jamais la question britannique en Europe, les dirigeants de l'Union procéderont à la signature d'accords d'association avec l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie. En pleine crise ukrainienne, ce rapprochement de trois pays situés au croisement des sphères russe et occidentale, revêt une haute valeur symbolique.

L'élargissement de la zone d'influence européenne se marquera également par la confirmation de l'entrée prochaine de la Lituanie dans l'euro, et par l'octroi du statut de pays candidat à l'Albanie.