Grève à la SNCB: Jo Cornu s'en prend aux syndicats

Le patron de la SNCB Jo Cornu s'en est pris vivement aux syndicats qui lanceront dimanche soir le premier grand mouvement de grève depuis son arrivée à la tête des chemins de fer belges. En tant que patron des chemins de fer, Jo Cornu veut calculer exactement les dégâts puis les mettre sous le nez des syndicats, déclare-t-il vendredi dans plusieurs quotidiens. La grève aura aussi des répercussions sur la circulation des trains Eurostar et Thalys.

"Je ne laisserai pas passer cela comme ça", prévient Jo Cornu. "Je n'ai pas envie d'un nouveau scénario Sabena." Le nouveau patron de la SNCB trouve la grève incompréhensible. "En faisant grève, les syndicats endommagent l'image de la SNCB. Ils sabotent leur propre entreprise. On peut vraiment se passer de cette grève."

La grève est une initiative de la CGSP et commencera dimanche à 22h00, pour 24 heures. Le syndicat proteste contre le manque de personnel, qui empêche les travailleurs de prendre leurs jours de récupération.

De son côté, le ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille (PS), appelle les interlocuteurs sociaux de la SNCB à poursuivre le dialogue afin d'éviter la grève annoncée lundi.

Le syndicat chrétien ne participera pas à la grève

Le syndicat chrétien, la CSC-Transcom, a décidé de ne pas se joindre à l'appel à la grève de 24 heures lancé par la CGSP-Cheminots pour le lundi 30 juin, a annoncé vendredi Luc Piens de la CSC-Transcom.

Une concertation a eu lieu vendredi matin en interne au sein du syndicat, qui a décidé de ne pas participer à l'action.

Si le syndicat reconnaît les problèmes en matière de non-remplacement du personnel et les inquiétudes liées à la filialisation annoncée de Thalys notamment, il explique que "comme la concertation sociale se déroule de façon régulière et que des réunions sur ces problématiques étaient prévues jusque mi-juillet, le Comité Syndical National de la CSC-Transcom est d'avis que l'action de lundi est trop hâtive pour être soutenue."

La SLFP Cheminots ne participe pas non plus

Si la concertation ne devait pas fournir de résultats probants, la CSC-Transcom précise que ses instances se concerteront "à nouveau sur la stratégie à adopter... notamment pour la rentrée."

La CGSP-Cheminots a confirmé jeudi la grève générale de 24 heures prévue du dimanche 29 juin, à 22H00, jusqu'au lundi 30 juin, à 22H00 également. L'action vise notamment à dénoncer des problèmes d'effectifs et la lenteur des engagements à la SNCB. Le syndicat libéral SLFP Cheminots avait déjà indiqué qu'il n'appellerait pas ses membres à faire grève.

Répercussions pour l'Eurostar et le Thalys

Pendant la grève de 24 heures à la SNCB, aucun train Eurostar ne roulera entre Bruxelles et Lille ou Calais. La compagnie voudrait en principe faire circuler tous ses trains, mais n'exclut pas de devoir les annuler ou adapter ses horaires. 

Les deux derniers trains en provenance de Londres dimanche soir (19h04 et 20h04) partiront en tous cas plus tôt. Eurostar conseille à ses passagers de venir s'enregistrer au plus tard à 18h00 ce jour-là. Les tickets pour lundi 30 juin pourront être remboursés ou échangés.

Thalys met aussi en garde contre des perturbations de ses services. Dimanche soir, les trains venant de Paris n'iront plus jusqu'à Bruxelles. La correspondance entre Amsterdam et Bruxelles Midi de 20h18 sera annulée.

Lundi, le train Liège-Paris de 5h51 ne partira pas. Le Thalys Ostende-Paris partira à 7h25 de Bruxelles et ne s'arrêtera dans aucune gare. Le train entre Paris et Bruxelles-National Aéroport de 6h25 n'ira pas plus loin que Bruxelles Midi. Le Thalys en sens inverse de 9h42 partira de Bruxelles Midi.

Le Thalys Paris-Liège de 19h32 s'arrêtera à Bruxelles Midi et Liège, mais pas dans d'autres gares. Tous les billets pour des trains qui auraient dû circuler pendant la grève de 24 heures pourront être échangés.

BELGA/LEGASSE