Le roi nomme Charles Michel informateur

Le président des libéraux francophones Charles Michel (MR) a été chargé ce vendredi midi par le roi Philippe d’examiner les "formules possibles en vue de former un gouvernement" fédéral. Il y a deux jours, le président de la N-VA, Bart De Wever, avait été déchargé de sa mission par le souverain après avoir échoué à former une majorité de centre-droit. Charles Michel devra rendre un premier rapport au roi le 4 juillet.

Les observateurs politiques jugent étonnant que le roi n’ait pas nommé un représentant du parti socialiste francophone comme successeur à l'informateur royal Bart De Wever (N-VA, photo), étant donné que le PS est devenu le deuxième plus grand parti de Belgique, après la N-VA, à l’issue des élections du 25 mai.

On peut imaginer que l'ambition du nouvel informateur Charles Michel (MR) sera également de tenter un projet de coalition de centre-droit, même si après le refus du CDH de s'allier avec la N-VA, le CD&V et le MR, les possibilités se sont réduites.

Il reste la formule avec le MR comme seul parti francophone, mais elle n'est pas évidente à plusieurs titres. Le MR serait fort exposé au Parlement, où il ferait face à cinq formations francophones dans l'opposition. Par ailleurs, le retour de l'Open VLD, arithmétiquement nécessaire, ne ferait pas l’affaire du CD&V. Or, les libéraux flamands exigeraient également une participation au gouvernement flamand.

Mais on sait aussi que certains au MR rêvent d’une coalition tripartite à tous les échelons de pouvoir. Cependant, PS et CDH (et FDF à Bruxelles) n'entendent pas revenir sur leur décision de négocier entre eux les gouvernements wallon, bruxellois et de la Fédération Wallonie-Bruxelles autour de projets "progressistes". Et la tripartite n'a pas la cote en Flandre, où la N-VA est le grand vainqueur des élections.

Quoi qu'il en soit, la mission dont le roi a chargé l'informateur Charles Michel vise à interroger les éventuels partenaires sur tous les scénarios possibles. Il s'agit "d'une mission d'information visant à examiner les formules possibles en vue de former un gouvernement", selon le communiqué du Palais.

Alors que l'ambition du chef de l'Etat était d'avancer selon un rythme rapide, plus rien dans le communiqué n'y fait référence. Il faut dire qu'après l'échec de la précédente mission, le spectre de la crise est de retour et les dernières heures ont servi à temporiser la situation. Le Palais n'enferme pas non plus l'informateur dans un calendrier, on n'évoque pas de rapport définitif à court terme. Charles Michel "fera rapport au Roi sur l'avancement de sa mission le vendredi 4 juillet 2014", précise simplement le Palais.

Une mission que le journaliste de la VRT Johny Vansevenant n’hésite pas à qualifier de "kamikaze", tant elle s’avère périlleuse.