BNP Paribas reconnait des erreurs et se prépare au pire

Le patron de BNP Paribas a annoncé dans une lettre aux salariés que la banque française, poursuivie aux Etats-Unis pour avoir aidé certains pays à contourner l'embargo, sera "lourdement sanctionnée" par les autorités américaines et reconnaît des "erreurs". Cette situation pourrait bien plomber l’Etat belge.
AP2009

"Je veux le dire clairement: nous serons sanctionnés lourdement. Parce que des dysfonctionnements sont intervenus et que des erreurs ont été commises", déclare le directeur général Jean-laurent Bonnafé dans ce message aux salariés de BNP Paribas, émis vendredi selon la chaîne d'information i-Télé, et dont une source interne à la banque a confirmé l'existence. "Mais cette difficulté que nous traversons ne devra pas pour autant impacter notre feuille de route", estime-t-il.

Après des mois d'âpres négociations, les autorités américaines annonceront lundi soir les termes de l'accord qui permettra à BNP Paribas d'échapper à des poursuites judiciaires pour avoir aidé certains pays à contourner un embargo américain.

La première banque française par la capitalisation devra s'acquitter d'une amende avoisinant 9 milliards de dollars, subira des restrictions pour ses opérations en dollars et devra reconnaître sa culpabilité, geste exceptionnel de la part d'un établissement financier, a indiqué vendredi à l'AFP une source proche du dossier.

La banque s'est retrouvée dans le collimateur de la justice américaine pour avoir autorisé des paiements en dollars vers des pays soumis à des sanctions économiques américaines, notamment le Soudan et l'Iran, entre 2002 et 2009.

La Belgique va-t-elle en pâtir ?

La menace d'une amende record pour BNP Paribas aux Etats-Unis pourrait avoir des conséquences en Belgique, car elle pourrait priver de dividendes l'Etat belge, actionnaire de la banque, et réduire la valeur de sa participation, ont souligné samedi les média belges.

La Belgique détient 10,3% du capital du groupe BNP-Paribas par l'intermédiaire de la Société fédérale de participations et d'investissements et cette participation a fait rentrer 192 millions d'euros dans les caisses de l'Etat 2013.

Cette situation intervient alors que le gouvernement fédéral expédie les affaires courantes depuis les élections du 25 mai.