La Flandre perd 6 hectares non bâtis par jour

Quotidiennement, c’est l’équivalent de six terrains de football d’espace non bâti qui disparaissent en Flandre, pour faire place à des constructions, indiquent les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad sur base d’un rapport commandé par le département du ministre flamand de l’Aménagement du territoire.

Le rapport de l’Institut flamand pour la recherche technologique (VITO) indique qu’en 1985 environ 11,6% - soit 157.000 hectares - de l’espace flamand étaient bâtis. Ce chiffre atteint aujourd’hui presque 19%, ce qui correspond à 253.000 hectares.

Chaque jour, l’équivalent de 6 hectares de terrain "vide" - des pâturages ou des champs - sont transformés en site de construction, sur lesquels on érige des propriétés, des bâtiments ou des infrastructures. Les grands espaces inhabités de plus de 1.000 hectares, encore fréquents il y a 25 ans, se font de plus en plus rares.

Le rapport souligne deux tendances. D’une part, les espaces vides ne disparaissent pas seulement dans et autour des villes mais aussi de plus en plus entre les villes.

Et d’autre part, l’augmentation des espaces bâtis n’est pas liée à des facteurs démographiques, comme le vieillissement de la population, la croissance de la population ou l’immigration. La densité d’habitants sur un hectare de terrain diminue progressivement parce que chacun préfère avoir une habitation neuve avec un grand jardin.

"Trop de constructions engendrent des inondations"

Les experts plaident pour une intervention des responsables politiques. "Si nous continuons comme cela, nous abîmons la Flandre", prévient le professeur émérite Georges Allaert. Il souligne deux problèmes majeurs d’une urbanisation trop intense.

Si une superficie croissante est asphaltée, les eaux de pluie n’ont plus suffisamment d’espace pour s’écouler. Elles se frayent un chemin en souterrain et menacent d’inondations. D’autre part, une Flandre dont les espaces verts disparaissent progressivement devient invivable.

Enfin, les espaces encore disponibles pour l’agriculture se réduisent comme une peau de chagrin, ce qui rend la Flandre de plus en plus dépendante de l’étranger pour importer sa nourriture. Et la dispersion des espaces habités rend les transports en commun plus difficiles à organiser et plus chers.