Doel 4 à l’arrêt jusque mi-septembre

A la suite de l’incident à la turbine à vapeur dans la partie non-nucléaire de la centrale, survenu il y a une semaine exactement, les mesures de sécurité ont été encore renforcées à Doel. Les travailleurs doivent ainsi désormais se rendre toujours au moins à deux à certains emplacements de la centrale nucléaire en Flandre orientale. L’incident pourrait en effet être dû à un acte de sabotage. Le parquet a d’ailleurs ouvert une enquête à ce sujet. L’exploitant Electrabel a prolongé d’un mois la durée d’indisponibilité du quatrième réacteur, la portant jusqu’au 15 septembre.

Les employés de la centrale nucléaire de Doel, ainsi que leurs collègues de Tihange, doivent désormais être au moins à deux à proximité d'installations techniques, a indiqué lundi soir le délégué CGSP Marc Roedolf. L'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a confirmé ce contrôle "à quatre yeux".

Le syndicaliste a par ailleurs précisé qu'une soixantaine de personnes aurait pénétré dans la salle des machines mardi dernier avant que la turbine du réacteur 4 de Doel ne se mette à l'arrêt automatiquement, en raison d’une perte d’huile. Le parquet refuse néanmoins de donner tout commentaire autour de l'enquête qui a été ouverte sur des soupçons de sabotage.

Une ou plusieurs personnes auraient délibérément laissé s'écouler 65.000 litres d'huile de la turbine vers un réservoir souterrain destiné à récupérer cette huile en cas d'incendie. Manquant de lubrifiant après cette manœuvre, la turbine a surchauffé et s'est automatiquement arrêtée, suivant les procédures prévues. L'hypothèse d'un sabotage n'est donc pas écartée.

Renforcement des contrôles

L'exploitant de la centrale a précisé lundi que la durée d'indisponibilité du réacteur 4 allait être prolongée du 18 août au 15 septembre. Electrabel estime en effet que l'analyse des dégâts et les réparations nécessiteront plus de temps.

Dans la foulée de cette avarie, un renforcement des contrôles à Doel a donc été annoncé la semaine dernière. La centrale nucléaire de Tihange aurait également adopté des mesures de contrôle supplémentaires, à la demande de l'AFCN. L'Agence confirme que le principe "four eyes", qui est généralement d'application en certains endroits, a désormais été élargi à "tous les périmètres techniques".

Le délégué CGSP Marc Roedolf a encore précisé que l'identification au sein de la centrale se fait via un système de badges et est filmée. Une balance est également utilisée, afin de vérifier si le poids de l'individu qui a passé son badge correspond bien au poids du travailleur inscrit.