Doel 4 pourrait être à l’arrêt jusque fin 2014

La rédaction de la VRT a appris de source fiable que les dégâts causés au réacteur nucléaire de la centrale de Flandre orientale par la fuite d’huile de graissage dans la turbine à vapeur survenue il y a 8 jours - et due éventuellement à un acte de sabotage - sont plus importants qu’il n’y paraissait à première vue. La fermeture du quatrième réacteur pourrait donc être prolongée au-delà du 15 septembre. Elle vient s’ajouter à la fermeture des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2, qui ne devraient être rouverts qu’au début de 2015. Certaines communes rurales risquent de manquer d’électricité ces prochains mois.

Mardi 5 août, le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Doel (Flandre orientale) était subitement mis automatiquement à l’arrêt à la suite d’une perte d’huile de graissage de la turbine à vapeur, dans la partie non-nucléaire de la centrale. Quelques heures après cette fermeture inattendue, le fournisseur d’énergie Electrabel précisait que la perte d’huile provenait d’une intervention manuelle volontaire.

Il pourrait donc s’agir d’un acte de sabotage perpétré par un membre du personnel qui avait accès à cette partie de la centrale. Le parquet interroge depuis lundi une soixantaine de membres du personnel qui ont eu accès, mardi dernier, au local où se trouve la turbine à vapeur en question.

Quelque 65.000 litres d’huile de graissage se sont écoulés dans un réservoir souterrain destiné à récupérer cette huile en cas d'incendie. Manquant de lubrifiant après cette manœuvre, la turbine a surchauffé et s'est automatiquement arrêtée, suivant les procédures prévues. Mais l’examen de la turbine a révélé récemment que plusieurs pièces en ont été endommagées par l’incident. La remise en état ou réparation de ces pièces pourrait durer jusqu’à la fin de l’année, indique la source fiable de la VRT.

Plus grave serait encore que l’axe de la turbine - une pièce centrale - ait été endommagé. Dans ce cas, le réacteur qui a une capacité de 1.039 mégawatts serait inutilisable pendant encore plus longtemps.

Manque d’électricité cet hiver ?

Alors qu’Electrabel maintenait ce mardi soir que le réacteur 4 de Doel ne serait à l’arrêt que jusqu’au 15 septembre, le gestionnaire du réseau électrique Elia a indiqué que la fermeture vraisemblable du réacteur pour une durée d'un mois ne devrait pas générer de gros problèmes pour la sécurité d'approvisionnement en Belgique.

Selon la porte-parole de l'entreprise, Barbara Verhaegen, il existe suffisamment de possibilités de remplacement comme l'énergie solaire et l'importation d'électricité. De plus, la consommation électrique est actuellement plus faible que lors des mois hivernaux.

Mais les réacteurs Doel 3 et Tihange 2 sont toujours à l'arrêt en raison de la poursuite de l'enquête relative aux fissures constatées en leur sein. Une décision quant à leur relance doit être prise d'ici la fin de l'année. Les deux unités génèrent ensemble quelque 2.000 MW d'énergie électrique.

Au total, c'est donc la moitié de la capacité nucléaire de production électrique en Belgique qui est actuellement hors service. Une situation intenable à long terme, mais qui ne représente pas de danger pour la sécurité d'approvisionnement dans l'immédiat, selon Elia.

Electrabel tente également de calmer le jeu. "Nous avons un parc de production flexible qui nous permet de palier les interruptions temporaires", explique Geetha Keyaert. L'énergie hydraulique de Coo et la centrale au gaz de Drogenbos ont ainsi été mises à contribution depuis l'arrêt de Doel 4. Il a également été demandé aux gros clients de limiter leur consommation pour une certaine période.