Tihange 1 quand même disponible cet hiver ?

Electrabel a annoncé ce jeudi une modification du planning de l’entretien décennal prévu pour son réacteur nucléaire Tihange 1, afin de le rendre disponible avant le début de l’hiver, pour contribuer à la sécurité d’approvisionnement en électricité du pays. Cette mesure fait suite à l’arrêt des réacteurs de Tihange 2, Doel 3 et Doel 4, qui doit se prolonger pendant l’hiver, et alors que la menace d’un black-out se concrétise.

Prévu initialement entre la fin du mois d’août et le 7 novembre, l’entretien décennal de Tihange 1 "sera maintenant scindé en deux phases, dans le respect total de la sûreté nucléaire. La première phase débutera le 30 août prochain pour se clôturer le 16 octobre. La deuxième phase, principalement destinée à continuer les travaux en vue de la prolongation de vie de Tihange 1, se fera après l'hiver et débutera le 6 juin 2015 jusqu'au 31 juillet 2015", expliquait Electrabel ce jeudi dans un communiqué.

Par ailleurs, le fournisseur d’énergie a confirmé que les résultats des tests sur les unités de Doel 3 et Tihange 2 sont attendus pour l'automne 2014. "Contrairement aux informations parues dans les médias dernièrement, les tests progressent bien et il est totalement prématuré d'en tirer des conclusions. Les premiers résultats partiels ne permettent en aucun cas d'anticiper un arrêt définitif. A l'issue du programme complet de tests, un rapport sera remis à l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), qui statuera sur le redémarrage des deux réacteurs", réaffirme la filiale de GDF Suez, tout en précisant qu'elle poursuivra ses travaux avec les acteurs concernés "pour contribuer à l'approvisionnement électrique des consommateurs et entreprises belges".

Les réacteurs nucléaires Doel 3 et Tihange 2 ont été mis à l'arrêt de façon inattendue fin mars dernier, pour pouvoir réaliser des tests supplémentaires sur les cuves de réacteurs, après la découverte de microfissures au cours de l'été 2012. Ils avaient déjà été mis à l'arrêt durant près d'un an après cette découverte.

A l’arrêt de ces réacteurs est venu s’ajouter début août celui, inattendu, de Doel 4. L’arrêt automatique a fait suite à une perte d’huile de graissage de la turbine à vapeur, dans la partie non-nucléaire de la centrale. Une perte d’huile provenant d’une intervention manuelle volontaire, et qui pourrait donc être le fait d’un acte de sabotage.

Des coupures de courant en dernier recours

Alors qu'une réunion entre les ministres compétents et les gouverneurs des différentes provinces du pays doit avoir lieu le 3 septembre, ceux-ci se préparent à établir un plan d'urgence en cas de pénurie d'électricité et de mise en route d'un plan de délestage, a indiqué le gouverneur de la province de Liège à l’agence de presse Belga. Une option qui ne se concrétiserait toutefois qu'en dernier recours.

"Nous avons bien reçu la confirmation de la part des autorités fédérales d'un risque de pénurie d'électricité durant l'hiver", déclarait-on au cabinet du gouverneur de la province de Liège, Michel Foret. "Les gouverneurs doivent s'y préparer mais il y a toute une série d'étapes pour empêcher cela".

Tout d'abord, la possibilité de s'approvisionner à l'étranger. Ensuite utiliser les réserves stratégiques (remettre en marche les turbines gaz-vapeur, ne plus alimenter certains clients qui auraient donné leur accord au gouvernement fédéral). Troisièmement: ne plus éclairer les autoroutes. Et, en dernier recours, la mise en route d'un plan de délestage de certains territoires. Cette mesure, extrêmement rare et visant à rééquilibrer la production et la consommation, serait annoncée à la population trois jours à l'avance et la coupure durerait au maximum quatre heures.

Les villes de plus de 50.000 habitants ne devraient pas être délestées. Certaines infrastructures sensibles (notamment les hôpitaux, les entreprises Seveso, les prisons, etc.) seraient quant à elles "délestées" puis directement réalimentées. Les gouverneurs des provinces doivent élaborer un plan d'urgence qui gérerait les conséquences d'un éventuel délestage, en collaboration avec les services de secours et les bourgmestres.