Une commune flamande sur 6 en difficultés financières

Si l’on en croit un rapport du bancassureur Belfius sur les finances communales, quelque 57 communes de Flandre - dont Anvers et Gand - devraient éprouver des difficultés à présenter un budget en équilibre d’ici 2019, malgré les exigences du gouvernement régional. C’est ce qu’indique notamment le quotidien De Standaard ce lundi.

Pour la première fois cette année, toutes les villes et communes flamandes ont dû soumettre un budget pluriannuel détaillé au gouvernement flamand. Le bancassureur Belfius a repris ces données dans un rapport qui conclut qu'un tiers des communes sont actuellement en déficit.

Quelque 57 d’entre elles, dont Anvers et Gand (Flandre orientale, photo), devront faire de gros efforts pour parvenir à un équilibre budgétaire d’ici 2019, comme le leur réclame le gouvernement flamand.

Beaucoup de communes essaient de trouver la parade en reportant certains investissements, en coupant drastiquement dans les budgets ou en augmentant certaines taxes locales. Les 57 communes devront cependant attendre la limite pour espérer sortir du rouge. "Pourtant, cela n'a pas beaucoup de sens d'avancer l'assainissement des finances publiques si tôt selon nous", explique Anne-Leen Eraauw, la responsable de l'étude. "Au contraire, cela comporte de nombreux risques."

Il s’agirait surtout de petites communes qui éprouvent des difficultés à nouer les deux bouts. Mais certaines grandes villes de Flandre sont également en difficultés. Gand accuse ainsi un déficit de 60 euros par habitant, Anvers suit avec un déficit de 47 euros par citoyen. Viennent ensuite Waasmunster, Coxyde et Zelzate.

Les administrations communales sont suivies de près par l’Agence flamande de l’administration intérieure, qui travaille pour les communes et les villes, les provinces et les administrations locales. "Nous observons de quelle façon elles mettent en œuvre des mesures d’assainissement. S’il apparaît que leurs plans ne sont pas réalistes, le gouverneur annulera leur budget pluriannuel. Elles devront alors le revoir", explique Rudi Hellebosch de l’Agence au quotidien De Standaard.

"Les communes ont besoin de temps"

L’Association des villes et communes flamandes demande, quant à elle, au gouvernement flamand d’avoir davantage de patience. "L’assainissement imposé est un défi gigantesque. Les communes ont besoin de plus de temps", indique l’expert financier Jan Leroy.

Il demande également de ne pas cataloguer les communes en "bonnes" et "mauvaises" communes. "Certaines choisissent d’investir beaucoup dans l’accueil à la petite enfance ou une piscine, les autres préfèrent dépenser moins. Les secondes atteindront sans doute plus rapidement l’équilibre financier, mais dans les premières les habitants seront peut-être nettement plus heureux".