Donald Tusk succède à Herman Van Rompuy

C’est le président du Conseil sortant, Herman Van Rompuy lui-même qui a révélé la nomination du Premier ministre polonais Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, tandis que la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, a été nommée au poste de Haute représentante pour la politique étrangère de l'Union.

Alors que les micros étaient allumés et qu’il était filmé, le président chypriote Nikos Anastasiadis s’est approché d’Herman Van Rompuy et lui a demandé : "Il y a du nouveau, si j’ai bien compris c’est en ordre pour Donald ?". Et Herman Van Rompuy de répondre, "Oui mais garde-le pour toi".

Quelque temps plus tard, la nouvelle de la nomination de Donald Tusk était confirmée officiellement et mettait fin à une longue période de négociation pour l'attribution de ce poste.
 

Les deux lauréats, cités comme favoris depuis plusieurs jours, ont donné immédiatement une conférence de presse conjointe avec Herman Van Rompuy.

Après l'échec d'un précédent sommet, en juillet, ce dernier a souligné avoir procédé "en plusieurs tours" au cours des dernières semaines "pour être certains que nous prendrions la bonne décision, avec un plein soutien" de tous les Etats.

Vétéran du Conseil européen où il siège comme Premier ministre de la Pologne depuis 2007, Donald Tusk est "l'un des rares chef de gouvernement à avoir été réélu", a souligné Herman Van Rompuy, mentionnant aussi son engagement précoce dans le mouvement Solidarnosc et son engagement pro-européen.

L'intéressé a quant à lui promis de "trouver constamment" des compromis, à l'image de son prédécesseur. Herman Van Rompuy "a toujours été l'homme des compromis", a-t-il dit.

Critiqué pour sa connaissance insuffisante de l'anglais et du français, Donald Tusk a promis qu'il "polirait son anglais" dans les prochains mois, et qu'il serait "prêt à 100%" le 1er décembre, date à laquelle il prendra ses fonctions.

Mme Mogherini a quant à elle fait l'étalage de sa connaissance des langues en s'exprimant tour à tour en anglais et en français. L'Italienne de 41 ans, dont le manque d'expérience a été souligné, s'est défendue en insistant sur "vingt années d'expérience en politique étrangère". Elle a aussi revendiqué son appartenance à une nouvelle génération de dirigeants politiques.

"C'est très bien que cette génération soit représentée dans les institutions européennes", a-t-elle dit.

Mme Mogherini s'est dite consciente des "défis immenses" qui attendent l'Europe en matière de politique étrangère. "Si on traçait un cercle avec un compas autour de l'Europe, on ne verrait que des crises", a-t-elle souligné, promettant d'y consacrer "toute son énergie".