La Belgique a 3 jours pour proposer son commissaire européen

La Belgique a été sommée par le président désigné de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de nommer "dans les trois jours" un ou plusieurs candidats pour la Commission européenne. Avant cela, le Luxembourgeois avait accusé notre pays de "paralyser l'Europe" en l'empêchant de constituer son équipe.

La Belgique est en effet le seul pays à ne pas encore avoir soumis de candidats au poste de Commissaire. En cause: l'absence de formation d'un gouvernement depuis les élections du 25 mai.

Or la nouvelle Commission doit entrer en fonction le 1er novembre, et Jean-Claude Juncker devrait annoncer l'attribution des portefeuilles "autour du 10 septembre", après s'être entretenu la semaine prochaine avec chaque candidat.

Dans ce contexte, Jean-Claude Juncker a demandé qu'un ou plusieurs candidats soient présentés "dans les trois jours", accusant la Belgique de "paralyser l'Europe" en l'empêchant de constituer son équipe, a rapporté Elio Di Rupo, Premier ministre sortant chargé des affaires courantes.

Les personnalités évoquées sont le ministre sortant des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), et l'eurodéputée, Marianne Thyssen (CD&V). Mais le choix dépend des arbitrages politiques et linguistiques au sein de la future coalition.

Une candidature de Marianne Thyssen (photo) faciliterait la tâche de Jean-Claude Juncker, qui souhaite avoir au moins neuf femmes dans son équipe. Si son équipe n'en compte pas suffisamment, elle risque d'être désavouée par le Parlement européen lors du vote d'investiture en octobre.

Di Rupo "n'aime pas qu'on montre la Belgique du doigt"

Le Premier ministre en affaires courantes Elio Di Rupo a regretté samedi soir que la Belgique ait été critiquée parce qu'elle tarde à désigner son commissaire européen.

"Ça me fait beaucoup de peine", a commenté Elio Di Rupo, à l'issue du sommet européen. "Je me suis toujours battu pour que la Belgique rayonne en Europe. Je n'aime pas qu'on montre du doigt la Belgique comme le mauvais élève", a-t-il dit.

Il a précisé que Jean-Claude Juncker avait demandé qu'un ou plusieurs candidats soient présentés "dans les trois jours". La personne retenue par les négociateurs de la coalition suédoise devra "obtenir l'accord du gouvernement actuel", a-t-il glissé au passage.

Interrogé sur un possible véto de la majorité en affaires courantes, il a botté en touche. "En politique, j'en ai déjà vu", a-t-il simplement répondu.

Elio Di Rupo a enfin souligné qu'il revenait à "chaque famille politique (européenne) de faire un effort" pour que suffisamment de femmes soient présentées à la Commission, comme l'exige le Parlement européen.

Selon lui, la famille socialiste a déjà fourni un tel effort, notamment en défendant la candidature de l'Italienne Federica Mogherini, nommée samedi soir Haute représentante pour la politique étrangère (et par conséquent vice-présidente de la Commission).