Malgré les pressions les négociateurs fédéraux restent zen

Les négociateurs fédéraux ne semblent pas décontenancés après l’affront public reçu hier par la Belgique lors du Sommet européen de Bruxelles. Le président désigné de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a notamment accusé notre pays de "paralyser l'Europe" en ne désignant pas de candidat commissaire européen.

Officiellement aucun négociateur ne veut réagir mais dans l’entourage de Kris Peeters (CD&V) on laisse entendre qu'on est conscient de l’urgence".

Sous la conduite des formateurs démocrate-chrétien flamand Kris Peeters et du libéral francophone Charles Michel, les quatre partis impliqués dans la formation d’une probable coalition fédérale de centre-droit - N-VA, CD&V, Open VLD et MR négocient toujours la déclaration gouvernementale de la prochaine équipe fédérale.

Les formateurs voulaient parvenir à un accord avant la rentrée parlementaire, fixée au deuxième mardi du mois d'octobre - soit le 14 octobre cette année.

Trois des quatre partis autour de la table ont un candidat au poste de commissaire européen.

Le CD&V propose l’euro parlementaire Marianne Thijssen, l’Open VLD met en avant le commissaire sortant Karel De Gucht alors qu’au MR, le ministre des Affaires étrangères sortant Didier Reynders est aussi candidat.

La question est délicate. L’Open VLD, la N-VA et le MR ne veulent pas que le CD&V obtienne à la fois le poste de Premier ministre convoité par Kris Peeters et celui de commissaire européen.

Or Jean-Claude Juncker insiste pour que le candidat belge soit une femme, donc Marianne Thijssen.

Une autre personnalité que celles citées ne rencontrerait pas non plus l’approbation du nouveau Président de la Commission européenne. La Belgique risque alors de n’obtenir qu’un poste de commissaire de moindre importance. On est donc dans l’impasse.

Dernier créneau jeudi pour la Belgique

Le président-désigné de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, entamera mardi des auditions avec les candidats commissaires proposés par les gouvernements.

Le dernier créneau a été réservé jeudi pour la Belgique, seul Etat membre à n'avoir pas encore arrêté son choix.

M. Juncker s'entretiendra pendant une demi-heure avec chacun des candidats, afin de travailler à la composition finale de son équipe. L'octroi des portefeuilles est l'un des enjeux délicats, de nombreux pays convoitant les gros portefeuilles économiques. Poussé dans le dos par le Parlement européen, M. Juncker a également fait savoir qu'il voulait une Commission composée d'un nombre signifcatif de femmes. Or, jusqu'à présent, ce souhait n'a pas vraiment été entendu.