Marianne Thyssen sera proposée comme commissaire européenne

Marianne Thyssen (CD&V) sera finalement proposée par la Belgique comme candidate au poste de commissaire européen. L’annonce a été faite officiellement ce jeudi matin par les co-formateurs Kris Peeters et Charles Michel au terme d'une difficile nuit de tractations à la Chambre.
BELGA/WAEM

Il a aussi été convenu que le poste de Premier ministre reviendrait à la famille libérale, un néerlandophone de l'Open VLD ou un francophone du MR. Le chef du gouvernement sera choisi à l'issue des négociations d'un accord de majorité.

Les co-formateurs Kris Peeters et Charles Michel ont fait rapport au roi ce jeudi matin. Le Palais a fait savoir dans un communiqué que la Roi leur a demandé de poursuivre leur mission.

Le premier ministre démissionnaire Elio Di Rupo a transmis jeudi au président-désigné de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, la candidature de Marianne Thyssen à la fonction de commissaire européen.

Mme Thyssen rencontrera M. Juncker dans l'après-midi ou en début de soirée et non à 10h comme cela était prévu.

La désignation de Marianne Thyssen à la Commission européenne constitue "un choix excellent", selon Jean-Claude Juncker, qui l'a fait savoir via sa porte-parole.

Un libéral Premier ministre

Cette décision signifie donc que Kris Peeters (CD&V) qui était préssenti à ce poste ne deviendra finalement pas le futur Premier ministre fédéral de la coalition de centre-droit (N-VA, MR, CD&V et Open VLD).

Kris Peeters a loué les qualités de Marianne Thyssen, le président du CD&V Wouter Beke soulignant pour sa part que cette "personnalité importante" renforcera la nouvelle équipe pour y prendre des décisions qui affecteront les Flamands dans leur vie quotidienne.

Ne pouvant prétendre au cumul des postes importants en raison de son poids relatif, le CD&V renonce dès lors à la fonction de Premier ministre. Nous choisissons de privilégier "le contenu", a commenté M. Beke après avoir justifié un "choix important" pour l'Europe. "Il n'y a pas que le '16' qui compte, il y a surtout le contenu de l'accord de gouvernement. Et on ne peut pas peser de la même façon qui si on était le plus grand parti", a-t-il fait valoir.

Le chef du prochain gouvernement sera donc libéral. "Lorsque l'accord de gouvernement sera conclu, la famille libérale proposera le nom du futur Premier ministre", a indiqué le coformateur Charles Michel sans vouloir se prononcer plus avant à ce stade.

On imagine qu'au vu des équilibres à respecter, il reviendra à un MR mais l'Open VLD n'a pas fermé la porte à la désignation d'un libéral flamand. "Il est vrai que la famille libérale est divisée en deux entités", a souligné la présidente Gwendolyn Rutten.

"On verra bien, ce sera quelqu'un de la famille libérale, la plus importante au sein de la coalition", a dit Alexander De Croo.

L'Open VLD est toutefois le plus petit des quatre partis de la future majorité.
Régulièrement cité comme futur Commissaire européen, le vice-premier ministre MR Didier Reynders n'a pas encore réagi à l'accord intervenu jeudi matin.

Il entre en ligne de compte pour le poste de Premier ministre tout comme son président de parti Charles Michel.

Qui est Marianne Thyssen ?

Née en 1956, Marianne Thyssen est la fille d’un boulanger et a étudié le droit à la KU Leuven. Après ses études elle a été engagée par la NCMV l’organisation chrétienne des classes moyennes aujourd’hui, Unizo l’union des entrepreneurs indépendants. Elle en est devenue la secrétaire-générale et a engagé le jeune Kris Peeters comme conseiller fiscal.

Elle a ensuite été engagée au cabinet de la secrétaire d’Etat à la Santé publique Wivina Demeester. En 1991 débute sa carrière de politique européenne. Marianne Thyssen est alors âgée de 35 ans. Au Parlement européen elle s’investit surtout dans des dossiers économiques et monétaires.

Sa popularité au sein et en dehors du CD&V grandit. En 2008, elle devient la première femme président du CD&V. Elle avait présenté sa démission suite à la défaite électorale de son parti en 2010.

Après les élections de 2009, Marianne Thyssen rejoint une nouvelle fois la commission économique et monétaire du Parlement européen. Dans le sillage de la crise financière, celle-ci doit traiter un volume sans précédent de projets législatifs. Marianne Thyssen joue un rôle de premier plan dans les négociations sur l'union bancaire.

Réélue en mai dernier, elle devait siéger à nouveau dans la commission ECON, mais les partis en ont décidé autrement. Elle rejoint la Commission de Jean-Claude Juncker, où elle espère décrocher un portefeuille important.