Nemmouche aurait été geôlier d’otages en Syrie

Le Français d’origine algérienne de 29 ans, Mehdi Nemmouche, auteur présumé de la fusillade au Musée juif de Bruxelles le 24 mai dernier aurait été l’un des gardiens des otages occidentaux détenus par l’organisation djihadiste Etat Islamique (EI) en Syrie. C’est ce qu’ont révélé le quotidien français Le Monde et l’hebdomadaire Le Point, sur base de plusieurs témoignages, dont celui du journaliste français Nicolas Hénin.

Les témoignages sur lesquels se base le quotidien français Le Monde feraient partie des informations transmises par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à la section antiterroriste du parquet de Paris. Il s'agit notamment de témoignages d'ex-otages journalistes français libérés le 20 avril.

Le djihadiste français Mehdi Nemmouche a séjourné en Syrie dans les rangs de l'Etat Islamique (EI), avant son arrestation en France pour l'attentat perpétré au Musée juif de Bruxelles le 24 mai dernier, qui a fait quatre morts (photo).

Certains anciens otages évoquent "une possibilité", tandis que d'autres affichent une plus grande certitude quant à la présence de Mehdi Nemmouche parmi les gardiens de l'EI. Il aurait ainsi été présent sur le lieu de détention en Syrie des quatre journalistes français Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres, enlevés en juin 2013 et libérés en avril dernier.

Depuis leur remise en liberté, ces derniers sont régulièrement consultés par les services secrets français de la DGSI et de la DGSE. Selon certains témoins, Nemmouche n'aurait été qu'un exécutant de base de l'Etat Islamique chargé par l'organisation de surveiller les otages occidentaux. Il aurait, néanmoins, fait preuve d'une grande brutalité et commis des actes graves, indique Le Monde.

Plusieurs éléments retenus par les services de renseignement font également état de la présence de Mehdi Nemmouche parmi les geôliers de l'ancien otage américain James Foley, égorgé et décapité le 20 août.

Mehdi Nemmouche comparaîtra pour la deuxième fois devant la Chambre du conseil de Bruxelles le vendredi 12 septembre. Il est inculpé d'assassinats dans un contexte terroriste. Il avait été transféré de France vers la Belgique en juillet dernier et placé en détention préventive à la prison de Bruges.

"Nemmouche torturait"

L’information recueillie lors de la libération, en avril dernier, des quatre journalistes français pris en otage en Syrie (Henin, Torrès, François et Elias) devait rester secrète, mais l’hebdomadaire Le Point, qui est l’employeur de Nicolas Hénin, a publié des extraits de son témoignage "glaçant" après les révélations faites ce samedi par le quotidien français Le Monde.

Dans les premiers extraits de son témoignage, Nicolas Hénin décrit Mehdi Nemmouche (photo) comme "membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j'avais moi-même été interrogé". "La torture durait toute la nuit, jusqu'à la prière de l'aube. Aux hurlements des prisonniers répondaient parfois des glapissements en français", ajoute-t-il.

"Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait", écrit encore le journaliste. Marie-Laure Ingouf, avocate de Nicolas Hénin, a confirmé à l'AFP que "Nemmouche était un de ses geôliers". "Tous les otages le confirment. Ils ont vécu avec lui pendant plusieurs mois". Le tueur présumé du Musée juif de Bruxelles s'est "occupé" du journaliste entre juillet et décembre 2013, selon l’hebdomadaire Le Point.