Pas encore d’écolier parti se battre en Syrie depuis la rentrée

Les bourgmestres d’Anvers, Malines et Vilvorde ont constaté qu’aucune école de leur commune n’a signalé, depuis la rentrée scolaire du 1er septembre, le départ d’un de leur élève pour la Syrie. Bart De Wever (N-VA), Bart Somers (Open VLD) et Hans Bonte (SP.A) veulent à tout prix éviter que des jeunes Flamands ne se rendent en Syrie pour y combattre pour le mouvement djihadiste Etat Islamique (EI). Ils tentent donc de lutter contre une radicalisation sur leur territoire communal.

"Au terme de la première semaine d’école, nous n’avons heureusement encore reçu aucun signalement d’un départ d’écolier pour la Syrie. Les services fédéraux nous avaient bien mis en garde que la fin de l’année scolaire et certainement le début de la nouvelle année scolaire étaient des périodes à risque, notamment à cause de la création d’un califat par l’Etat Islamique", expliquait vendredi soir le bourgmestre anversois Bart De Wever (photo).

Ces dernières semaines, la ville d’Anvers s’est bien préparée au possible départ de jeunes qui veulent aller se battre en Syrie. "Nous avons déjà pris des mesures à Anvers. Je pense que nous sommes la première ville qui possède un service communal chargé de la 'déradicalisation'. Nous surveillons des dizaines de jeunes pour lesquels nous craignons qu’ils soient victimes de recruteurs. Nous tentons de les accompagner", précisait De Wever.

Le bourgmestre anversois ajoutait que 70 jeunes ont quitté la métropole ces deux dernières années pour aller se battre en Syrie. A l’heure actuelle, il y aurait 325 jeunes Belges qui se battent en Syrie.

Anvers veut suivre l’exemple bruxellois

D’autre part, le bourgmestre Bart De Wever a demandé au procureur général d'Anvers, Patrick Vandenbruwaene, d'adopter des mesures plus strictes contre les combattants partis en Syrie et les personnes victimes de radicalisation, à l'exemple de ce que fait le procureur-général bruxellois Johan Delmulle.

Ce dernier a indiqué cette semaine qu'il désirait retirer les allocations sociales des personnes parties combattre en Syrie et récupérer les subsides des associations qui auraient contribué à ces expéditions.

Bart De Wever (N-VA) a écrit au procureur général anversois qu'il désire le rencontrer afin d'étudier quelles mesures supplémentaires pourraient être prises à Anvers. "Votre collègue procureur-général, Johan Demulle, a annoncé un durcissement des mesures pour appréhender les combattants partis en Syrie, au sein de l'EI ou d'autres groupuscules radicaux. Nous apprécierions particulièrement le fait que des mesures semblables soient prises à Anvers."

5.000 euros pour inciter des jeunes Belges à se battre ?

Des recruteurs tentent d'inciter de jeunes Belges à aller se battre en Syrie en leur proposant de l'argent. Plusieurs d'entre eux, qui se sont rendus ces derniers mois dans ce pays en pleine guerre civile, ont ainsi reçu jusqu'à 5.000 euros.

Ces informations provenant de sources judiciaires sont rapportées ce samedi par les journaux du groupe Sudpresse, Het Nieuwsblad et Het Belang van Limburg.

Il s'agit de jeunes qui ne se sentent pas importants ou qui sont en échec à l'école, explique un avocat en charge de plusieurs dossiers de Belges voulant participer au djihad. Selon lui, avec cet argent, "ces jeunes se sentent les rois".

Selon les sources citées par les quotidiens, les enquêteurs tentent maintenant de découvrir l'origine de cet argent. On ignore encore quel montant total a déjà été dépensé. Le parquet fédéral, compétent en matière de terrorisme, n'a pas souhaité faire de commentaires.