L’équipe B-Fast est-elle apte à lutter contre Ebola?

Plus d'une vingtaine de médecins appellent les pays occidentaux, dont la Belgique, à envoyer des équipes médicales en Afrique de l'Ouest pour lutter contre le virus Ebola, rapportent mardi De Standaard et Het Nieuwsblad. Des questions se posent toutefois quant aux compétences de B-Fast en la matière.

Lors de catastrophes naturelles et de situations d'urgence à l'étranger, les Occidentaux sont immédiatement prêts à envoyer des structures d'intervention rapide, comme B-Fast en Belgique. "Qu'attend l'Occident pour apporter son aide au Liberia, à la Sierra Leone et à la Guinée? ", s'interrogent les auteurs de l'appel.

L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et la Commission européenne ont annoncé avoir débloqué 200 millions d'euros pour venir en aide aux populations locales. Mais, selon le virologue belge Marc Van Ranst (photo), ce n'est pas suffisant. "Il faut davantage de personnel médical sur place", affirme-t-il. "Nous sommes prêts à partir, le laboratoire de l'équipe de B-Fast est équipé, mais nous ne pouvons pas acheter de billets d'avion", ajoute-t-il. "Ce type d'opération doit être encadré, financé et disposer d'un mandat politique".

De son côté, le ministère des Affaires étrangères a réagi, affirmant que "B-Fast n'a pas les compétences nécessaires pour contrer une telle épidémie". C’est ce qu’affirme également Nico Rooselaer, un médecin urgentiste de l’hôpital d’Alost ayant déjà pris part à certaines mission de B-Fast. "Je pense que les plus grandes ONG telles que la Croix Rouge sont bien mieux équipées. Leur personnel est également mieux formé et plus engagé à rester de longues périodes à l’étranger", défend-il.

"Le concept de B-Fast ne vise pas de longues interventions à l’étranger. Notre infrastructure n’est pas non plus faite pour de longues périodes. Par ailleurs, le personnel a un engagement avec son hôpital et ne peut s’absenter que durant de courts moments. Ici, on parle déjà de plusieurs semaines, sans compter la période de quarantaine qui compte 21 jours dès le retour", précise Nico Rooselaer.

D’après lui, les 250 membres de l’équipe B-Fast ne sont en outre pas formés pour traiter une maladie infectieuse telle qu’Ebola. Leur formation prendrait ainsi énormément de temps.