La Belgique championne de la redistribution des revenus

Nulle part en Europe, les revenus disponibles ne sont redistribués de manière aussi égalitaire qu'en Belgique, avance mardi De Standaard, après avoir analysé les déclarations fiscales de notre pays et les avoir comparées avec les statistiques européennes en la matière.

Si l'on compare la distribution des revenus bruts avec celle des revenus disponibles -c'est-à-dire après perception des impôts et des transferts sociaux-, on observe une baisse drastique de l'inégalité en Belgique.

En 2011, les 10% de Belges les plus riches ont perçu 31,5% des revenus bruts totaux. Cette part a baissé à 27,7% après l'écrémage du fisc. En prenant en compte l'intégralité des impôts et des transferts via la sécurité sociale (allocations familiales, pensions...), la part de ces 10% de Belges les plus riches n'est plus que de 21,10% des revenus disponibles.

Selon les chiffres les plus récents collectés par l'Université d'Essex (Royaume-Uni) pour la Commission européenne, ces mécanismes de redistribution font déjà baisser de plus de moitié l'inégalité dans notre pays. A en croire ces statistiques, aucun autre pays de l'Union européenne ne fait mieux que la Belgique.

Pourquoi la pauvreté reste malgré tout importante en Belgique ?

"Malgré la redistribution, notre pays ne fait pas un bon score en matière de pauvreté", a commenté ce matin Ive Marx, professeur au Centre de politique sociale de l’Université d’Anvers sur les ondes de Radio 1 (VRT). "Elle demeure élevée chez les enfants ainsi que chez les personnes qui touchent des revenus de remplacement".

Les pays scandinaves s’en sortent bien mieux à ce niveau, une situation qu’Ive Marx tente d’expliquer : "Ces pays ont un marché de l’emploi qui fonctionne mieux et un taux de chômage moins élevé, ce qui fait que leur point de départ est plus avantagé. Parallèlement, les moyens pour lutter contre la pauvreté sont aussi mieux dépensés. Notre pays devrait donc lui aussi davantage axer sa politique vers le bas de notre société", conclut-il.