Des Belges découvrent une face cachée de Stonehenge

Une équipe de bio-ingénieurs de l’université de Gand (Flandre orientale) a repéré 17 nouveaux monuments rituels et de nombreux vestiges préhistoriques dissimulés sur le site britannique de Stonehenge (photo), classé et figurant sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. L’équipe a eu recours à une technologie électromagnétique, non-invasive.

Stonehenge - un nom qui signifie « les pierres suspendues » - est un monument mégalithique composé d'un ensemble de structures circulaires concentriques, érigé entre 2800 et 1100 avant J.Chr., du Néolithique à l'âge du bronze. Le site d’Amesbury, en Grande-Bretagne, reste un grand mystère et figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Grâce à des recherches menées notamment par des scientifiques belges, il est apparu qu’il existe bien plus sous le site préhistorique qu’on ne l’imaginait jusqu’ici.

L’Université de Gand (Flandre orientale) a annoncé ce mercredi qu’une équipe de ses bio-ingénieurs a découvert 17 nouveaux monuments rituels et de nombreux vestiges préhistoriques sur le site de Stonehenge. Ils se trouvent sous le sol et ont été détectés grâce à des senseurs sophistiqués.

"Stonehenge semble encerclé par des terres comprenant beaucoup plus de vestiges préhistoriques que ce que l'on pensait auparavant", a expliqué à l’agence Belga le professeur Marc Van Meirvenne du groupe d’études Techniques d’inventorisation du sol de l’université gantoise. "Le site étant classé par l'Unesco, les recherches archéologiques à grande échelle ne peuvent se faire qu'avec des techniques non-invasives", précise le scientifique.

Ces quatre dernières années, des archéologues de l’université de Birmingham et de l’institut autrichien Ludwig Boltzmann Institute for Archeological Prospection ont réalisé des balayages détaillés du sol avec des magnétomètres et des radars. Ces mesures ont parfois été problématiques parce que le sol a été très perturbé au siècle dernier, notamment par des festivals de musique organisés à Stonehenge dans les années 1970 et ’80 et par une présence militaire pendant la Première Guerre mondiale.

Pour pallier à ces problèmes, les ingénieurs gantois avaient été approchés pour leur expertise. Ils travaillent avec des capteurs de sol à induction électromagnétique sophistiqués. Au cours des deux dernières années, les chercheurs belges ont scanné une superficie de 1,25 km². "En combinant les mesures, de nombreux vestiges, jusqu'alors inconnus, ont été découverts, dont les restes de 17 monuments rituels", indique Marc Van Meirvenne.

L’équipe gantoise va poursuivre ses mesures pendant deux ans encore, pour couvrir une superficie de 2,5 km².

2008 AP