L’agence de contrôle contre une prolongation de Doel 1 et 2

"L'autorité de sûreté s'opposera au concept d'approbation répétée d'exploitation prolongée de courte durée (1 à 3 ans), car cela pourrait conduire à une réduction de sûreté ou à la non-réalisation d'investissements de sûreté nécessaires", a communiqué vendredi l'agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) alors que la future coalition envisage de prolonger les réacteurs Doel 1 et Doel 2.

L'autorité de contrôle (AFCN et Bel V) considère que "de nombreuses modifications" devront être réalisées par Electrabel avant que l'exploitation à long terme de ces deux réacteurs ne soit approuvée.

L'AFCN souligne qu'après l'éventuelle modification de la loi de sortie du nucléaire - préalable à toute prise de décision ultérieure - les autorités devront réaliser le plan d'action "long terme operation" (LTO) de "mise à niveau" des réacteurs Doel 1 et 2, équivalente aux réacteurs les plus sûrs de Belgique. Elle l'avait déjà signalé dans une notre stratégique en 2009 à propos de Tihange 1, Doel 1 et 2, le gouvernement ayant décidé en 2013 de ne prolonger que le seul réacteur Tihange 1.

L'autorité de sûreté fait observer que la quatrième réévaluation décennale de Doel 1 et 2, qui interviendra en 2015 en cas de prolongation, devra être réorientée en fonction dudit LTO.

Par ailleurs, en cas de LTO, les réacteurs de Doel 1 et 2 devront répondre à l'ensemble des tests de résistance (stress tests mis en place après Fukushima) alors qu'ils en avaient été exemptés partiellement étant donné leur fermeture prochaine.

Enfin, l'AFCN attire également l'attention d'Electrabel sur son obligation de garantir un personnel qualifié suffisant pour la conduite future et la réalisation des plans d'action de Doel 1 et Doel 2, les ressources humaines mobilisées l'étant jusqu'ici en perspective d'une fermeture prochaine.