Un délinquant sexuel incarcéré 30 ans peut être euthanasié

Condamné pour affaires de mœurs et un meurtre, jugé irresponsable de ses actes, l’Anversois a néanmoins été interné pendant 30 ans dans une prison en Flandre, en l’absence d’institution adéquate en Belgique pour encadrer de façon adéquate ce délinquant sexuel. Il avait demandé de longue date son transfert dans une clinique spécialisée aux Pays-Bas qui pourrait le prendre en charge, ou en désespoir de cause l’euthanasie. Après que la justice ait refusé l’option du transfert à l’étranger, le ministère de la Justice lui permet d’être euthanasié dans un hôpital. Une première en Belgique.

L’Anversois de 51 ans qui a été condamné pour diverses affaires de mœurs et un meurtre, été jugé irresponsable de ses actes, et qui déclare lui-même représenter un danger pour la société, aurait dû être pris en charge par une institution qui puisse encadrer les délinquants sexuels. Mais pareille institution n’existe pas en Belgique. L’homme a donc été interné dans une prison en province anversoise, où il ne reçoit pas de traitement réellement adéquat.

De longue date, il demandait à pouvoir être transféré dans une clinique spécialisée en Zélande, aux Pays-Bas, qui pourrait le prendre en charge, mais ne recevait pas de réponse positive des autorités belges. Devant sa situation désespérée et face aux souffrances psychologiques insupportables qu’il endurait depuis 30 ans, le détenu avait demandé il y a 3 ans à pouvoir bénéficier de l’euthanasie en prison. Une première en Belgique, à laquelle l’émission "Panorama" de la VRT consacrait un reportage l’an dernier.

L’Anversois avait cité en référé la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (photo), en demandant soit son transfert vers l’institution néerlandaise, soit l’euthanasie. La Cour d’appel de Bruxelles a finalement jugé que la ministre n’était pas compétente pour décider d’un éventuel transfert aux Pays-Bas et a refusé cette option.

Elle devait examiner ce lundi la demande d'euthanasie, mais un accord est intervenu entretemps entre le ministère de la Justice et l'avocat de l'intéressé. "Le ministère de la Justice a donné son accord pour que mon client soit transféré dans un hôpital pendant 48 heures, pour faire ses adieux à sa famille puis mourir de façon digne. Je ne peux dire quand ni où cela se produira », indiquait dimanche Maître Jos Vander Velpen.

L'accord devait donc simplement être acté ce lundi par la Cour d'appel de Bruxelles.