"La Belgique est un pays de minorités mentales"

"La Belgique est un pays de minorités mentales". C'est sur ces mots de l'ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene, décédé en mai dernier, que s'ouvre le dernier numéro de la revue française de géopolitique Outre-Terre, qui consacre près de 400 pages au royaume, sa situation actuelle et son avenir.

"Chacun, Flamand comme Wallon, se sent minoritaire. Cela explique par exemple que, dans les années 1970, c'étaient les Wallons qui étaient demandeurs d'un fédéralisme économique alors que côté flamand on n'était demandeur que d'autonomie culturelle. (...) Côté flamand, ce complexe du minoritaire a évolué pour prendre une tournure économique", commente le démocrate-chrétien flamand.

Il dresse le constat d'un pays confronté à la scission des partis politiques, des médias et de l'opinion, renforcée par des discours "populistes" tels celui de Bart De Wever, tout en se disant convaincu de l'impossibilité à court ou moyen terme d'un éclatement du pays.

Contributionsdes deux côtés de la frontière linguistique

Au gré d'interviews de personnalités politiques, de contributions de politologues, historiens ou journalistes du nord et du sud du pays, le n°40 du trimestriel français, titré "(Dé)blocage belge", présente une panoplies de visions de la Belgique, de Bart Maddens à Dave Sinardet, en passant par Philippe Van Parys, Pascal Delwit, Marnix Beyen, Philippe Destatte, etc.

L'un des objectifs de cette publication est de "donner le plus large éventail possible des points de vue sur la situation" actuelle et future de la Belgique, commente le politologue Vincent Laborderie (UCL), qui a coordonné l'ouvrage.

L'idéologie de la N-VA y fait l'objet d'un chapitre où Jérôme Jamin (ULg) la rapproche du Tea Party américain, tandis que Bart Maddens (KUL) détaille une Belgique à la croisée du fédéralisme et du confédéralisme. Esthétique et psychanalyse sont également convoquées dans cette compilation destinée à un large public.