14.000 policiers manifestent à Bruxelles pour leur pension

Les agents de police protestent contre la remise en cause de leur accès à la prépension par un arrêt de la Cour constitutionnelle du 10 juillet dernier. Ils devront attendre 62 ans et 40 ans de carrière pour pouvoir prendre leur retraite. Sans "signal fort" du politique, ils annoncent une grève nationale le 23 septembre. La manifestation a engendré des embarras de circulation dans la capitale pendant toute la matinée.

Environ 13.900 agents, d'après les chiffres de la police, ont participé jeudi matin, dès 10h30 dans les rues de Bruxelles, à une marche de protestation contre la remise en cause de leur accès à la prépension. Le bruyant cortège s'est arrêté quelques minutes, le temps d'une rencontre entre les représentants syndicaux et le vice-Premier ministre et ministre des Pensions en affaires courantes, Alexander De Croo (Open VLD), avant de reprendre la route jusqu'au parc du Cinquantenaire.

Le ministre libéral a promis de remettre aux formateurs de la nouvelle coalition fédérale, Kris Peeters et Charles Michel, les revendications des agents de police.

"Les flics en ont marre. Ne touchez pas à notre statut", pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants. "Policier: espérance de vie = 62 ans. Pension = 65 ans. Pension = mort", stipulait une autre pancarte. Quelques mètres plus loin, un haut-parleur étouffé par les explosions de pétards scandait: "Une pension plus rapide: un droit! Reconnaissez la pénibilité de notre boulot!"

C'était la première fois depuis les manifestations qui avaient précédé la réforme de la police en 2001 que les hommes en bleu faisaient part de leur mécontentement en aussi grand nombre. Pour Olivier Bourguignon, le président pour la Région bruxelloise du syndicat SLFP Police, le sentiment qui domine est celui de la colère. "On a signé un statut. Je ne vois pas pourquoi le gouvernement ne respecterait pas ses engagements".

L'accès à la prépension n'est qu'un des problèmes qui l'inquiètent. "Aujourd'hui, on parle carrément de nous retirer notre statut de fonctionnaire particulier. Mais nous ne sommes pas des fonctionnaires comme les autres! Il y a deux fois plus de suicides parmi les policiers que parmi les autres fonctionnaires. L'espérance de vie d'un agent n'est que de 62 ans. Pour nous, la pension, c'est déjà la mort!"

Le 10 juillet dernier, la Cour constitutionnelle a annulé une disposition accordant aux anciens officiers de l'ex-gendarmerie le droit de partir à la retraite anticipée plus tôt que leurs collègues de la "police intégrée", qui doivent attendre l'âge de 62 ans et 40 ans de carrière pour en bénéficier. Réunis en front commun, le SLPF Police, la CSC, la CGSP et le SNPS demandent aux partenaires de la future coalition gouvernementale de s'engager clairement à prendre une initiative législative pour revenir à la situation antérieure à l'arrêt de la Cour.

Menace de grève nationale le 23 septembre

A l’issue de la manifestation, la police intégrée a annoncé une journée de grève nationale le 23 septembre si elle n’avait pas reçu d'ici là un "signal fort" du politique.

Les syndicats policiers avaient annoncé au début du mois de septembre que le préavis de grève déposé avait été suspendu jusqu'au 19 septembre, après avoir constaté "une démonstration de la volonté du ministre de l'Intérieur".