"La peur de très gros changements a joué en Ecosse"

L’ancien ministre belge des Affaires étrangères et commissaire européen au Commerce sortant, Karel De Gucht (photo principale), avoue s’être attendu à des résultats plus serrés entre le ‘oui’ et le ‘non’ au référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Il estime que la crainte des Ecossais face à un changement drastique a finalement fait pencher la balance en faveur du ‘non’.

Interviewé ce vendredi matin par la radiotélévision publique flamande VRT, Karel De Gucht (Open VLD) a avoué qu’il s'attendait à ce que les résultats du référendum sur l'indépendance de l'Ecosse soient plus serrés. Les sondages avaient en effet prédit au camp du ‘non’ une victoire plus serrée, mais les opposants à l'indépendance ont finalement obtenu une marge assez large.

Le dépouillement total des 32 circonscriptions écossaises a donné vendredi matin la victoire du ‘non’ à 55,3% au référendum sur l'indépendance, avec plus de deux millions d'opposants, loin devant le camp du ‘oui’ à 44,70%, selon les chiffres officiels.

Pour remporter le référendum, l'un des deux camps devait obtenir plus de 1.852.828 votes. Le camp du ‘non’ en compte 2.001.926 contre 1.617.989 pour le ‘oui’. Le taux de participation s'établit au niveau record de 84,6%.

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Le commissaire européen sortant estime que "la peur de très gros changements" peut avoir joué, tout comme la "bonne" intervention de l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown et la campagne du ministre-président écossais Alex Salmond. Celui-ci est "un homme politique habile", déclarait De Gucht.

Ces dernières semaines, la Commission européenne s'est refusée à tout commentaire sur le référendum. Les porte-paroles renvoyaient seulement à de précédentes déclarations du président José Manuel Barroso, qui avait dit qu'il serait "difficile, si pas impossible" pour une Ecosse indépendante de rester membre de l'Union européenne.

Pourtant, expliquait Karel De Gucht ce vendredi, "nous aurions difficilement pu le leur refuser". En tant qu'entité du Royaume-Uni, la réglementation européenne s'y applique déjà, soulignait le commissaire.

Karel De Gucht mettait néanmoins en garde qu'une Europe avec des régions indépendantes -l'Ecosse, la Flandre ou la Catalogne - fonctionnerait difficilement. "Bart De Wever aussi veut une Flandre indépendante dans une Europe plus large. Mais est-ce que ces mouvements nationalistes, qui pensent de manière très indépendante, se plieraient aussi facilement aux règles européennes de majorité? L'Europe telle que nous la connaissons ne fonctionne pas avec des peuples qui se déterminent eux-mêmes."