Vieillissement de la population: "l’immigration fait partie de la solution"

Face au vieillissement de sa population, l'Union européenne devrait mieux utiliser les compétences des immigrés déjà installés et attirer plus de migrants qualifiés. C’est ce qui ressort d’un rapport de l'OCDE et de la Commission européenne publié jeudi. En Belgique, la population en âge de travailler pourrait reculer en l’absence de migration, un phénomène qui pourrait être néfaste dans le long terme pour l'emploi et le financement de la sécurité sociale.

D’après l’étude intitulée "Gérer les migrations économiques pour mieux répondre aux besoins du marché du travail en Europe", la population en âge de travailler va diminuer de 2,2% d'ici 2020 dans l'UE. En Belgique, elle devrait augmenter d’environ 3,2%. Sans l’apport de la migration, elle diminuerait toutefois de 1,6% (-3,5% pour l’UE).

"Compte tenu du grand nombre de personnes qui sont sans emploi, un débat sur les besoins du marché du travail, et le rôle des immigrés et de l'immigration pour y répondre, ne semble ni d'actualité ni pertinent", reconnaissent l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) et la Commission européenne. Pourtant, poursuivent-elles, si une augmentation de l'emploi des jeunes, des femmes ou des seniors est essentielle, "les migrations et les immigrés ont également un rôle à jouer".

En Belgique, près de 60% des entreprises déclaraient en 2013 éprouver des difficultés à trouver des travailleurs présentant la bonne combinaison de compétences (enquête d'Eurofound).

Les auteurs de l'étude plaident ainsi pour une meilleure mobilité au sein de l'UE et pour une meilleure utilisation des compétences des immigrés déjà présents, qui souffrent souvent de déclassement.

Dans notre pays, seuls 40% des citoyens non-européens âgés de 20 à 64 ans ont un emploi, contre 69% du côté des citoyens belges. La Belgique est ainsi l’un des pays de l’Union européenne où cet écart est le plus prononcé.

Les auteurs de l’étude de l’OCDE et de la Commission estiment que des cours de langue et une meilleure reconnaissance des qualifications acquises à l'étranger sont souhaitables. Ils conseillent aussi d'ouvrir plus largement les dispositifs d'accès au marché du travail (stages, formations...) aux immigrés.