Première grève nationale de la police intégrée depuis 2001

Comme annoncé après la manifestation de jeudi 18 septembre, les syndicats policiers ont appelé les agents à faire grève ce mardi, pour protester contre la remise en cause de leur accès à la prépension par un arrêt de la Cour constitutionnelle du 10 juillet dernier. Ils devront attendre maintenant 62 ans et 40 ans de carrière pour pouvoir prendre leur retraite. Il y aurait 5.000 grévistes et un service minimum garanti.

Des piquets de grève ont été installés, mais les syndicats n'empêchent pas leurs collègues de travailler, ce mardi, malgré l’appel à la protestation. La police intégrée est en effet légalement tenue de garantir un service minimum. C'est la première fois qu'elle est touchée par une grève nationale depuis la réforme qui a créé sa structure à deux niveaux, fédéral et local, en 2001.

Pour la population, l'impact du mouvement de grogne restait assez limité ce mardi. "La législation définit les missions de la police fédérale qui font office de service minimum. En ce qui concerne la police locale, les autorités des différentes zones fixent les contours du service minimum en concertation avec les syndicats", expliquait lundi Stéphane Deldicque, délégué permanent de la CSC Police. Pas question donc de déserter l'accueil dans les commissariats ni de supprimer les équipes d'intervention sur le terrain. Les 195 zones de police locale doivent également continuer à gérer certaines tâches administratives.

Jeudi dernier, près de 14.000 agents ont manifesté dans les rues de la capitale contre la suppression du droit des policiers qui faisaient partie de l'ex-gendarmerie d'accéder à la prépension entre 54 et 58 ans, au lieu de 62 ans. En cause, un arrêt de la Cour constitutionnelle de juillet dernier.

"Depuis, c'est le silence radio chez les partenaires de la coalition suédoise", déplorait Vincent Gilles, président du SLFP Police. "Nous nous préparons à un automne très chaud sur le plan social. Nous monterons en puissance progressivement." Afin de "maintenir la pression", le front syndical composé du SLFP Police, de la CSC Police, du SNPS et de la CGSP a réactivé samedi le préavis de grève qu'il avait suspendu jusqu'au vendredi 20 septembre. Il n'exclut pas d'autres actions. "Mais nous devons tenir compte de l'agenda politique. Il nous faut des ministres de plein exercice", concède le syndicaliste de la CSC.

D’après les syndicats, 5.000 personnes prenaient part à la manifestation dans le centre de Bruxelles ce mardi. Leur présence a occasionné des embarras de circulation dans la capitale.

Chaos au contrôle frontières à Brussels Airport

D’après un correspondant de la première chaîne radio de la VRT, la grève des policiers aurait engendré de longues files de voyageurs sur la jetée B à l’aéroport de Zaventem devant les postes de contrôle d’accès au territoire. Entre 3.000 et 4.000 voyageurs auraient dû faire la file, selon le correspondant. Mais la direction de Brussels Airport dément fermement.

D'après un porte-parole, l’engorgement inhabituel est dû à l'arrivée simultanée de plusieurs vols, certains ayant atterri plus tôt que prévu. "Le tumulte de mardi matin n'est pas la conséquence des actions de grève. Entre 8 et 10 heures, de nombreux vols transatlantiques et de longue distance arrivent sur la jetée B. Par un concours de circonstances, certains vols ont atterri plus tôt que prévu. Mais le personnel des postes de contrôle a fait de son mieux pour gérer cet afflux. La foule s'est réduite après 10h00, de même que les temps d'attente."

Tine Hollevoet, porte-parole de la police fédérale, a confirmé ces explications. "Au niveau des départs, les sept postes étaient ouverts et dotés de personnel. Et au niveau des arrivées, les dix postes étaient ouverts. Tout fonctionnait normalement grâce au personnel réquisitionné."