"On ne pourra éviter des licenciements à la VRT"

Dans un entretien accordé ce jeudi matin dans l’émission "De Ochtend" de la VRT, le ministre flamand des Médias, Sven Gatz, a avoué craindre que les départs naturels ne suffisent pas et que le service public de radio et télévision doive se séparer d’une partie de son personnel, à la suite des économies imposées par le gouvernement flamand. Des économies qui se chiffrent à 22 millions d’euros en 2015 et 39 millions d’euros d’ici 2019.
Jonas Roosens

Le nouveau ministre flamand de tutelle a même admis, ce jeudi matin sur les ondes de la VRT, que contrairement à ce qui a pu être le cas dans le passé, le non remplacement de départs naturels ne suffise pas. Il n'a pas exclu la piste de la suppression de la radio MNM, une information qu'il n'a cependant pas tenu à commenter.

Selon Sven Gatz, la VRT doit se concentrer sur le contenu numérique. "C’est cela l’avenir", déclarait déjà le ministre mercredi soir dans l’émission télévisée "Reyers laat". Selon lui, la VRT reçoit maintenant une nouvelle mission, plus globale.

Gatz a affirmé comprendre le torrent de critiques qui se sont abattues après l'annonce des mesures d'économies drastiques dans les secteurs de la culture et des médias, dont il a la charge. Mais selon lui, le gouvernement flamand n'a pas d'autre choix étant donné l'absence de moyens. Le ministre a par ailleurs relativisé l'ampleur des pertes d'emploi, estimant que la situation était effectivement "sérieuse mais pas non plus aussi dramatique que certains tentent de le faire croire".

"Les plus sains survivront"

Le ministre libéral flamand demande également au secteur culturel qu'il prenne un peu de recul. En 2016, il y aura un nouveau décret Arts et l’on pourra sans doute alors compter sur des marges économiques plus importantes. Justifiant le tri opéré, le ministre s'est interrogé jeudi sur la politique qui a consisté jusqu'ici à subsidier trop faiblement certaines initiatives ou institutions de taille moyenne qui se retrouvaient dès lors particulièrement vulnérables.

D’après Sven Gatz, la théorie selon laquelle "les plus sains survivront" vaut autant pour le secteur culturel que pour d'autres secteurs économiques. "Les meilleurs restent, c'est aussi le cas dans la culture. Certains n'ont sans doute pas démérité, mais ils n'en ont pas non plus fait assez", a-t-il estimé. Le ministre refuse néanmoins de parler de paupérisation: les mesures d'économies ne mèneront pas la Flandre à "un désert culturel", tente-t-il de rassurer.