En Flandre, l'abattage sans étourdissement sera limité dès 2015

L'organisation de défense des animaux Gaia a tenu dimanche une marche à Bruxelles contre l'abattage sans étourdissement des animaux, en marge de la fête musulmane du sacrifice, qui tombe le 4 octobre, également journée mondiale des animaux. Ce matin dans l’émission télé ‘De zevende dag’ (VRT), le ministre flamand du Bien-être animal Ben Weyts (N-VA) a réitéré son intention de faire appliquer dès 2015 une interdiction de ce genre de pratique dans les abattoirs temporaires.

"Nous appellons les politiques à avoir le courage de modifier la loi sur le bien-être animal, de sorte que l'étourdissement soit obligatoire, même pour les abattages rituels", a souligné le président de Gaia, Michel Vandenbosch.

L'Union professionnelle vétérinaire (UPV) qui a été invitée à se joindre au mouvement mais a décliné, estime, en accord avec la Fédération vétérinaire européenne (FVE), que "la pratique de l'abattage sans étourdissement préalable est inacceptable en tout circonstance" pour différents motifs. L'abattage sans étourdissement "retarde la perte de conscience, parfois de plusieurs minutes. Pendant cette période de conscience, l'animal peut être exposé à une douleur inutile", cite notamment l'UPV.

L'UPV appelle ainsi les décideurs politiques à rendre prioritaire l'arrêt de l'abattage sans pré-étourdissement.

"Respecter la directive européenne"

Depuis 2009, une directive européenne permet l’abattage sans étourdissement uniquement dans les abattoirs reconnus et disposant de permis officiels.

Le ministre flamand du Bien-être animal veut faire appliquer cette directive à la Flandre. Dès 2015, les abattages sans étourdissement ne seront plus permis dans les abattoirs temporaires, souvent mis en place dans le cadre de la fête musulmane du sacrifice. 

"Depuis 2009, le gouvernement fédéral contourne la loi en faisant usage d’abattoirs temporaires, qui ne sont pas des abattoirs reconnus. Je veux que la loi soit respectée comme le demande l’Europe", a déclaré Ben Weyts (photo) lors de l’émission "De zevende dag".

Pour Mohamed Achaibi, de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, cette mesure ramène la situation à celle d’il y a dix ans. "Nous déplorons cette décision du ministre", a-t-il indiqué. "La communauté musulmane est inquiète pour l’avenir. De quelle manière pourrons-nous célébrer correctement la fête du sacrifice ?", s’interroge-t-il, évoquant le manque d'abattoirs reconnus en Flandre.

Notons que l’évolution de la législation serait également prévue pour 2015 en Wallonie. Les détails n'ont pas encore été déterminés mais cette évolution "s'inscrira dans le même sens que ce qui a été évoqué par la Flandre", a indiqué le cabinet du ministre wallon Carlo Di Antonio. Côté bruxellois, la secrétaire d'Etat en charge de cette compétence, Bianca Debaets (CD&V), n'a encore pris "aucune décision à ce niveau-là et n'a pas de position tranchée sur le sujet", souligne son cabinet.