Formation fédérale : les pensions au menu

Les quatre partis (N-VA, CD&V, Open VLD et MR) qui négocient la formation d’un gouvernement fédéral ont entamé ce lundi après-midi la deuxième lecture du chapitre Pensions. Ils pourraient négocier le budget "au finish" dans la nuit de mardi à mercredi, alors qu’ils doivent remettre d’ici deux semaines leur projet budgétaire pour 2015 à la Commission européenne. "Le temps presse depuis quelques temps", admettait le coformateur Kris Peeters ce lundi (photo archives).

Les négociateurs fédéraux ont entamé ce lundi après-midi, à la présidence de la Chambre, la deuxième lecture du chapitre Pensions. Ils avaient repris dimanche la deuxième lecture de certains chapitres socio-économiques, en commençant par l'emploi. Viendront encore la Sécurité sociale et la fiscalité.

Les négociateurs seront ensuite dans la dernière ligne droite. Ils pourront clore le cadre budgétaire, régler quelques dossiers surnuméraires, dont Arco (société coopérative et bras financier du Mouvement ouvrier chrétien, qui a sombré en 2011 lors de la débâcle de la banque Dexia, dont il était actionnaire), un dossier cher au CD&V, mais aussi se répartir les compétences et, dans la foulée des congrès de participation, choisir les ministres.

Il reste deux semaines aux négociateurs pour rentrer leur projet budgétaire pour l'année 2015 auprès de la Commission européenne. C'est également dans deux semaines qu'a lieu la rentrée parlementaire fédérale, l'ambition de la future majorité de centre-droit étant de se présenter dans l'hémicycle avec un nouveau gouvernement.

Ce calendrier n'échappe pas au coformateur Kris Peeters (CD&V). "Le temps est compté, depuis un certain temps déjà", a-t-il fait observer, espérant rapidement pouvoir en finir avec le budget une fois réglés les derniers dossiers socio-économiques, dont les pensions. "Cela dépendra notamment de la réunion d'aujourd'hui. Il reste un milliard à trouver, ce n'est pas évident, c'est compliqué", expliquait-il ce lundi après-midi.

Du côté du parti libéral francophone MR, on relativise l'importance du calendrier. "Il faut prendre le temps d'un bon accord. Nous ne sommes pas à un jour ou une semaine près", a commenté le ministre des Affaires Etrangères sortant, Didier Reynders. Pressenti pour devenir Commissaire européen, un poste qui est finalement allé à l’eurodéputée Marianne Thyssen (CD&V), Didier Reynders restera également attentif à son avenir personnel qui se joue dans les prochains jours.

"Je n'ai jamais rien écarté", a-t-il indiqué lundi alors que le poste de Premier ministre est promis à la famille libérale. En principe, c'est le coformateur Charles Michel (MR, photo) qui paraît tout désigné pour diriger le prochain gouvernement. Didier Reynders pourrait se retrouver vice-Premier ministre ou briguer la présidence du MR. "Je rêve à beaucoup d'autres choses qu'à des fonctions", s'est-il contenté de dire, plaidant surtout en faveur de la conclusion d'un bon accord.

Cet accord passera notamment par une réforme des pensions. Les partenaires du futur gouvernement partagent les idées que soulève la piste du rapport des pensions préconisant un système à points, un projet qui devrait être soumis aux partenaires sociaux. L'objectif de la coalition de centre-droit en formation est d'allonger les carrières. Le système à points tient compte de la durée de la carrière et des revenus professionnels.