La Flandre veut bâtir un temple de la culture en périphérie

Alors que le secteur culturel flamand est confronté à d'importantes économies, le gouvernement Bourgeois a l'intention d'implanter un temple culturel en périphérie de Bruxelles. Ce futur centre devrait être du gabarit du Singel d’Anvers ou du Contertgebouw de Bruges (photo).

D’après une étude commandée par le gouvernement flamand, dont le quotidien De Standaard révèle des extraits vendredi, un temple de la culture doit être érigé dans l’ancien quartier de la gare de Ruisbroek, au sud-ouest de Bruxelles, en périphérie flamande.

Ce Centre de la Culture et de Congrès (CCC) nécessitera un terrain d’une superficie d’au moins 25.000 m2.

Les ambitions du gouvernement flamand sont grandes. Il y est question de bâtir une salle de spectacle de 900 places et une salle de théâtre au plancher plat de 300 places.

Des espaces de 5.000 m2 destinés aux expositions et aux congrès sont également prévus dans ce bâtiment.

L’étude compare ce futur centre culturel au Singel d’Anvers et au Contertgebouw de Bruges.

En ce qui concerne le budget, on devrait s’orienter, d'après De Standaard, vers un financement comparable à celui du Concertgebouw de Bruges (44 millions d’euros en 2002) et de la grande poste d’Ostende (35 millions d’euros en 2011).

L’initiative émane du ministre qui avait la périphérie flamande (Vlaamse Rand) dans ses attributions dans la précédente législature, à savoir l’actuel ministre-président Geert Bourgeois (N-VA).

Le travail préparatoire du projet a été repris par son successeur et collègue de parti Ben Weyts. Ce projet a été inclus à présent dans le récent accord de gouvernement.

"Les motifs qui poussent à la réalisation de ce projet pharaonique sont à la fois culturels, démographiques et idéologiques", note De Standaard.

Dans sa note de politique générale pour la précédente législature de 2009 à 2014, Geert Bourgeois écrivait que le sud-ouest de la périphérie de Bruxelles souffrait d’un manque criant d’infrastructures culturelles.

L’étude indique qu’il s’agit aussi d’un choix stratégique. L'objectif serait de montrer clairement que la périphérie n’est pas Bruxelles mais bien la Flandre.

Ce projet risque en tous cas de faire grincer des dents en Flandre quand on sait que le secteur culturel flamand sera confronté à d'importantes économies au cours des deux prochaines années.

Certains contestent aussi le fait que la périphérie sud-ouest de Bruxelles est un désert culturel. De Standaard publie ainsi une carte de la région et note qu’on dénombre, dans un rayon de 15 km, pas moins de 20 centres culturels en Flandre et 22 centres communautaires et culturels à Bruxelles comme la Monnaie, Bozar, le Kaaitheater, Flagey et le KVS.