La lutte contre les trafiquants d’hormones suspendue ?

La Cellule multidisciplinaire Hormones de la police fédérale est vouée à disparaître, rapportent ce lundi les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad. "Si cette expertise centrale est jetée par la fenêtre, nous reviendrons à la situation d’il y a des années", mettait en garde le magistrat Francis Clarysse, spécialisé dans la lutte contre le trafic d’hormones, dans l’émission "De Ochtend" de la VRT. La police fédérale souligne qu’elle n’a pas encore pris de décision définitive.
AP2013

Depuis quelques années, la chasse aux trafiquants d'hormones n'est plus considérée comme une priorité dans le plan national de sécurité. Mais il serait désormais question de supprimer la Cellule multidisciplinaire Hormones de la police fédérale, mise sur pied en 1995 après l'assassinat du vétérinaire flamand Karel Van Noppen.

Une dizaine d’agents de police mènent ainsi enquête et confrontent leurs résultats avec ceux de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) et de la douane.

Mais selon les nouveaux plans de la police fédérale, les affaires liées au trafic d'hormones seront désormais traitées conjointement avec une vingtaine d'autres phénomènes, tels que les vols d'œuvres d'art ou les sectes, par une équipe d'une dizaine d'agents de police.

Ce changement fait suite aux récentes réformes de la police fédérale, mais ne fait pas l'unanimité. "Si cette cellule disparaît, ce sont des années d'expertise jetées par la fenêtre", a réagi le magistrat spécialisé dans la lutte contre le trafic d'hormones, Francis Clarysse, dans l’émission "De Ochtend" de la VRT, ce lundi matin.

Clarysse déclare pouvoir confirmer qu’il y a "des projets poussés pour réduire nettement la Cellule hormones dans le cadre de l’optimalisation de la police. Je qualifie cela d’assainissement en vue d’une suppression".

Le magistrat craint que la suppression de la Cellule ne ramène la Belgique à la situation qu’elle a connue il y a des années, où la lutte était menée depuis les différents arrondissements. "C’est justement parce que les informations sont maintenant rassemblées de façon centrale par différents services que nous parvenons à déceler certaines tendances et à les combattre".

D’après Francis Clarysse, "des éleveurs criminels et des trafiquants d’hormones sont encore toujours actifs. Nous les combattons encore toujours, comme en témoignent nos rapports annuels. Le phénomène bénéficie de moins d’attention publique, mais le problème reste d’actualité pour le consommateur qui risque d’en voir le résultat sur son assiette".

"Pas encore de décision définitive"

La porte-parole de la police fédérale, Tine Hollevoet, confirme qu’un projet de réforme existe, mais souligne qu’aucune décision définitive n’a encore été prise. "Ce mois-ci, le projet sera discuté avec le collège des procureurs-généraux et d’autres partenaires, comme l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire".

D’après Hollevoet, un arrêté royal a déjà paru sur l’optimalisation de la police fédérale et il y a des concertations avec le ministère de l’Intérieur.

La porte-parole de l’Agence fédérale pour la sécurité alimentaire, Lieve Busschots, souligne pour sa part que la Cellule hormones a été créée via un mandat du conseil des ministres et que "ce mandat doit être honoré aussi longtemps qu’il existe". L’Agence affirme poursuivre activement la lutte contre les hormones et estime que "la connaissance et la coopération doit être maintenue".