L’âge légal de la pension passera à 67 ans

Les négociateurs de la formation du gouvernement fédéral ont un accord de principe mardi pour relever l'âge légal de la pension, a-t-on appris à plusieurs sources. Il passera progressivement à 66 ans en 2025 et à 67 ans en 2030. D’autres mesures seront également prises pour allonger les carrières.

Le relèvement de l'âge légal de la pension ne figurait pas parmi les recommandations du rapport d'experts réalisé à la demande du gouvernement sortant. Cependant, les experts qui s'étaient penchés sur l'avenir des pensions, parmi lesquels l'ancien ministre Frank Vandenbroucke, avaient retenu l'idée d'un relèvement progressif de l'âge jusqu'à 67 ans parmi les pistes de travail étudiées.

Outre l'âge légal, des mesures seront également prises pour rallonger les carrières. Il est question de décourager les départs anticipés à la retraite. Un cadre transitoire sera prévu pour les personnes qui atteindront prochainement l'âge de départ actuellement autorisé. Celui qui atteindra l'âge de 58 ans en 2016 devra travailler 2 années supplémentaires. Celui qui aura 59 ans ou plus en 2016 devra travailler une année de plus. Un cadre transitoire spécifique est prévu pour le problème soulevé par la police. Le régime spécial pour les ex-gendarmes a en effet disparu à la suite d'un arrêt de la Cour constitutionnelle. Les policiers avaient manifesté à Bruxelles il y a quelques jours.

Le deuxième pilier de pensions (assurance complémentaire via les entreprises) sera élargi. Les travailleurs indépendants pourront bénéficier du deuxième pilier. Il y aura également un assouplissement des règles permettant de travailler moyennant un salaire illimité après une carrière complète.

Les mesures concernant l’emploi

Outre les pensions, les négociateurs ont également abordé le chapitre Emploi. Il est notamment question d'élargir de 12 mois le crédit-temps, singulièrement pour les soins palliatifs et la garde des enfants malades (jusqu'à huit ans). Le congé parental serait également étendu.

On ne touche pas à la dégressivité des allocations de chômage mais un service d'intérêt général sera instauré (deux demi-jours par semaine) pour les chômeurs de longue durée. On évoque également une activation de bénéficiaires de l'assurance invalidité. L'annualisation du temps de travail se trouvera également dans l'accord de gouvernement.

Le saut d'index avec compensations pour les travailleurs reste sur la table mais n'a à ce stade pas fait l'objet d'un accord. Le principe de l'indexation automatique des salaires et de la concertation sociale a été confirmé. Des mesures seront également prises en faveur des heures supplémentaires dans l'horeca. La diminution du taux de cotisation sociale de l'employeur de 33 à 25% est également dans le pipeline mais là non plus il n'y a pas encore d'accord.

Plus globalement, un "plan emploi" est annoncé en concertation avec les Régions. Il y est question de baisses de charges, de formation continue, de valorisation de l'expérience professionnelle, de chômage des jeunes, et de renforcement des carrières pour les groupes vulnérables.

Enfin, c'était dans l'air, le gouvernement de centre-droit entend revoir la loi de 1996 sur la compétitivité et la sauvegarde de l'emploi. Il sera question de résorber le "handicap salarial" avec les pays voisins.

Des discussions au finish?

Les négociateurs - actuellement, les deux coformateurs et les quatre chefs de délégation - continuaient mardi à examiner le cadre budgétaire en lien avec la fiscalité. Ils en ont terminé avec les volets Pension, Emploi et Progrès social (soins de santé, chômage...) L'impact budgétaire de l'Emploi et du Progrès social devait cependant encore être finalisé.

Les discussions pourraient se poursuivre au finish. Certains n'excluent pas qu'un accord budgétaire puisse être annoncé mardi après-midi, en dépit de l'état de fatigue des négociateurs assis autour de la table depuis lundi à 14h30.

"Une attaque inadmissible contre les travailleurs"

Le PS a exprimé "toute son indignation", face à l'intention prêtée au "futur gouvernement antisocial MR/N-VA" de relever l'âge légal de la pension à 67 ans d'ici 2030. Pour le PS, il ne faut pas faire reposer la charge liée au financement des pensions sur les seules épaules des travailleurs.

"Le futur gouvernement MR/N-VA se trompe de cible: la priorité doit être d'améliorer le taux d'emploi des travailleurs avant 65 ans", a commenté le Parti Socialiste, dans un communiqué.

A ce sujet, le député PS Frédéric Daerden, s'est dit "profondément choqué par cette attaque frontale contre les travailleurs. Ce faisant, le gouvernement MR/N-VA contraindrait, en dehors de toute concertation sociale, des travailleurs qui sont déjà bien souvent épuisés en fin de carrière, physiquement ou psychologiquement, à travailler au-delà de 65 ans", a-t-il dit.

Pour le PS, "le futur gouvernement antisocial MR/N-VA brise la paix sociale et notre modèle de concertation sociale". Le Parti Socialiste a par ailleurs estimé que le MR "trompe une fois de plus ses électeurs", s'étant toujours prétendu opposé à un relèvement de l'âge légal de la pension, tel qu'en atteste son programme électoral de 2014.