Le gouvernement fédéral prêtera serment samedi

Le roi Philippe a prolongé ce mercredi matin la mission des coformateurs Charles Michel (MR) et Kris Peeters (CD&V) jusqu’à la formation du nouveau gouvernement fédéral. Ces derniers ont annoncé mardi soir la conclusion d’un accord de gouvernement entre CD&V, Open VLD, N-VA et MR, qui négociaient depuis des mois. Charles Michel (photo principale) devrait devenir Premier ministre. Les partenaires de la nouvelle coalition effectuent ce mercredi la dernière lecture de l’accord et devraient ensuite décider des postes ministériels.

Le roi Philippe a reçu ce mercredi matin Kris Peeters (CD&V) et Charles Michel (MR) en audience au Palais de Bruxelles. Les deux co-formateurs lui ont fait rapport sur l'accord de gouvernement intervenu mardi soir entre les partenaires de la future coalition au terme d’un marathon de 29 heures de négociations au finish.

"La mission des coformateurs est prolongée jusqu'à la nomination du gouvernement. La prestation de serment du Premier ministre et des membres du gouvernement aura lieu le samedi 11 octobre", indiquait ce mercredi matin un communiqué du Palais.

Charles Michel et Kris Peeters (photo) avaient annoncé mardi soir - soit 136 jours après les élections législatives - que les partenaires de la future coalition de centre droit sont parvenus à sceller un accord de gouvernement. "Il y a un accord complet sur le budget, mais aussi un accord de gouvernement. Une dernière lecture interviendra mercredi. Nous sommes contents. C'est très bien pour le pays et sa stabilité", a indiqué Charles Michel. "L'ensemble des partenaires ont proposé que j'exerce la responsabilité de Premier ministre", a-t-il précisé au micro de RTL-TVI.

"C'est un accord solide avec une volonté politique forte, sur le plan socio-économique", a encore commenté le futur chef de gouvernement. Il "permettra de créer plus d'emplois dans les années à venir", a précisé Michel. Il laisse la part belle à "la concertation sociale, à la prospérité, au financement des pensions", a encore dit l’actuel président du MR.

Kris Peeters (CD&V) a également salué la teneur de cet accord intervenu après 29 heures de négociations ininterrompues. La dernière lecture doit servir à "vérifier si tout est conforme". Il y a de nombreux accords sur de nombreux domaines, a ajouté l’ancien ministre-président flamand. "La Belgique a un nouveau gouvernement fédéral avec un Premier ministre", a-t-il confirmé aux côtés de Charles Michel.

Equilibre budgétaire en 2018

Peu d'informations ont filtré jusqu'à présent sur le contenu de l'accord entre CD&V, N-VA, Open VLD et MR. La répartition de l'effort budgétaire se fondera sur une répartition avoisinant les 30% de recettes et 70% de dépenses. L'équilibre budgétaire sera atteint en 2018.

Un effort sera consenti sur la diminution des cotisations patronales, qui passeront à 25%. Le taux facial de l'impôt des sociétés sera maintenu, mais des mesures seront prises en faveur des petites et moyennes entreprises et de l'engagement par celles-ci des trois premiers travailleurs. La progression de la pression fiscale et parafiscale est stoppée, a-t-on précisé dans les coulisses des négociations.

Un saut d'index est bel est bien prévu, mais il sera assorti d'importantes corrections sociales. Les bas revenus et basses allocations seront protégés et l'espace sera laissé à la concertation sociale. Les intercommunales seront soumises à l'impôt, en particulier l'impôt des sociétés, ce que certains négociateurs ont qualifié de "fin d'un privilège fiscal".

14 ministres et 4 secrétaires d’Etat

La répartition des compétences et le casting seront discutés dans les prochaines heures. Ce qui est certain, c’est que le nouveau gouvernement fédéral sera composé d’autant de ministres francophones que néerlandophones, sans compter les secrétaires d’Etat.

Le MR, seul parti francophone dans la nouvelle coalition, recevra ainsi 7 postes ministériels : celui du Premier ministre (Charles Michel selon toute vraisemblance) et 6 ministres. Le nom de Didier Reynders (photo) circule comme vice-Premier et éventuellement ministre des Affaires Etrangères, le poste qu’il occupe encore actuellement.

Nicolas Maeterlinck

Les trois partis flamands de la coalition recevront ensemble 7 postes ministériels et 4 secrétaires d’Etat. La N-VA (premier parti aux élections) devrait ainsi pouvoir nommer 3 ministres et 2 secrétaires d’Etat. Le nom de Jan Jambon (photo) est cité comme éventuel vice-Premier et ministre de l’Intérieur.

L'europarlementaire Johan Van Overtveldt et le député Steven Vandeput deviendraient également ministres, tandis que le député Theo Francken et la parlementaire flamande Elke Sleurs seraient secrétaires d'Etat. Siegfried Bracke serait nommé président de la Chambre.

Le CD&V recevrait 2 postes ministériels, dont l’un pour le vice-Premier Kris Peeters et l'autre sans doute pour l'un des deux ministres sortants Koen Geens ou Pieter De Crem, et un secrétaire d’Etat.

Open VLD pourrait également nommer 2 ministres et un secrétaire d’Etat. Les deux postes devraient aller aux ministres sortants Alexander De Croo (qui deviendrait vice-Premier) et Maggie De Block (photo), qui hériterait sans doute de la Santé publique.

Les congrès des partis libéral et nationaliste flamands auront lieu ce mercredi soir, pour présenter les nominations de ministres aux membres d’Open VLD et de la N-VA. Le nouveau gouvernement devrait prêter serment samedi à 10h entre les mains du roi Philippe.