Godfried Danneels défend les divorcés remariés

Invité spécial du pape François au synode sur la famille, à Rome, le cardinal belge Godfried Danneels (photo) estime que dans le ministère de l’Eglise catholique il faut une place pour une pastorale des divorcés qui se sont remariés. Un mariage considéré non valide pour l’Eglise. D’après le site KerkNet Vlaanderen, l’évêque anversois Johan Bonny avait déjà écrit une lettre au Vatican, dans laquelle il plaidait en faveur d’une autre attitude de l’Eglise face à l’amour, la sexualité et les relations.

Quelque 253 participants ont été conviés au Synode sur la famille, qui se déroule à Rome jusqu’au 19 octobre. Outre les 114 présidents de conférences épiscopales, il y a 13 chefs des Eglises catholiques orientales, 25 chefs de dicastères de la curie romaine, ainsi que trois religieux élus par l’Union des Supérieurs généraux. Le pape François a également invité 16 experts et 13 couples mariés, ainsi que 26 personnalités, dont Godfried Danneels.

Le cardinal belge est intervenu ce jeudi au synode. Son allocution portait le message suivant : "Dans le ministère de l’Eglise, il faut une place pour une pastorale des divorcés remariés". En voici plusieurs passages.

"Nous pauvres ministres, nous avons à trouver le moyen d’inventer des chemins de miséricorde sans nuire à la vérité et à chercher le chemin à chaque époque et pour chaque culture. A nous de trouver les chemins de miséricorde. Je voudrais me limiter à un seul chemin de la miséricorde pour notre époque. Je pense à ceux et à celles dont le premier mariage a échoué et qui se sont engagés dans un second mariage non valide pour l’Eglise et non sacramentel. Ils sont nombreux à notre époque. Que faisons-nous pour eux, qui souvent voudraient régulariser leur état de vie et qui savent qu’il n’y a pas de possibilité ? Beaucoup s’en désintéressent, mais il y en a qui souffrent dans leur cœur. Que faire pour ces frères et sœurs, qui voudraient revenir à un mariage dans l’Eglise ?"

(…) "La première attitude est celle d’un immense respect pour ces frères et sœurs divorcés et remariés. Le début de toute miséricorde c’est un respect inconditionnel pour tous ceux et celles qui vivent dans l’Eglise, mais ne peuvent se remarier et recevoir la communion".

(…) "Les divorcés remariés ne sont pas les seuls enfants en problème. Mais par les temps qui courent, il y en a plus que nous pensons. C’est un simple appel que je fais, pour aimer les enfants de Dieu, dont la souffrance est souvent grande. Ils crient : ils ne demandent souvent pas qu’on change la discipline. Mais ils réclament des pasteurs, qui ont un cœur de berger et qui prennent sur les épaules le pauvre petit agneau, qui s’est cassé la patte", concluait le cardinal Danneels à Rome.

L’évêque anversois Johan Bonny ne prend pas part au synode, mais bien l’archevêque André-Joseph Léonard, qui préside la conférence épiscopale belge.