"Ceux qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons"

Le vice-Premier ministre N-VA en charge de l'Intérieur, Jan Jambon, revient, dans une interview accordée à La Libre Belgique et à La Dernière Heure, sur sa participation à une réunion d'une association d'anciens combattants sur le front de l'est. "Je défie quiconque de trouver une phrase, un texte où je défends la collaboration. La collaboration a été une erreur".

L'homme fort de la N-VA au gouvernement fédéral nuance immédiatement son propos. "C'est plus facile à dire après. Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. Moi, je ne vivais pas à cette époque-là".

Interrogé sur le cas de Johan Sauwens, ministre de la Volksunie (aujourd'hui passé au CD&V) qui avait été contraint de démissionner en 2001 après avoir participé à une réunion de cette association (le Sint-Maartensfonds), Jan Jambon juge que le contexte est différent. "Il était ministre à ce moment-là. Ses collègues n'ont pas accepté sa participation à la réunion. Je peux comprendre. Comme ministre, il faut s'abstenir de faire des choses que l'on peut se permettre de faire avant d'être nommé".

Au MR, le passé de Jan Jambon "interpelle", selon les mots de la nouvelle ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem. "Je l'ai appris avec surprise", a-t-elle déclaré lundi dans Matin Première (RTBF). Mme Marghem, qui l'a côtoyé sur les bancs du parlement, dit toutefois n'avoir "jamais remarqué chez lui de tendance rabique ou extrême-droitière".

Dans son interview, Jan Jambon évoque par ailleurs le programme du nouveau gouvernement, et son souhait d'ancrer les réformes.

"Notre crainte, c'est que le PS revienne à la prochaine législature et détricote toutes les réformes que nous aurons entreprises. C'est pour cela que nous voulons un changement des institutions: pour sécuriser les réformes socio-économiques, juridiques, sur l'asile et l'immigration, etc".

Concrètement, il annonce un retour du communautaire en cas de victoire du PS aux prochaines élections législatives.

"Seul un système confédéral permettra de rencontrer la demande de base des deux démocraties" flamande et wallonne, selon le vice-Premier ministre, pour qui "on ne peut accepter un statu quo institutionnel pendant dix ans".