Theo Francken veut augmenter les expulsions de sans-papiers

Le nouveau secrétaire d’Etat à l’Asile et l’Immigration Theo Francken (N-VA) annonce vouloir intensifier les expulsions de sans-papiers refusés dans notre pays. Pour ce faire il veut créer à court terme 100 nouvelles places dans les centres fermés. A plus long terme il a l’intention d’augmenter la capacité de ces centres dans le cadre d’un durcissement de la politique de retour.
Nicolas Maeterlinck

"Il y a actuellement trop peu de places dans les centres fermés de l’Office des étrangers et c’est la raison pour laquelle nous voulons augmenter effectivement leur capacité," a déclaré Francken.

"La criminalité perpétrée par les récidivistes atteint des sommets actuellement. Par exemple à Louvain, où l’on note une forte augmentation des faits criminels commis par des sans-papiers. Lorsque les policiers parviennent à arrêter une de ces personnes en séjour illégal, ils sont souvent obligés de les relâcher par manque de place dans les centres fermés. Ces criminels reçoivent un ordre de quitter le territoire dans un délai de 30 jours mais après leur arrestation ne nous pouvons pas les enfermer. Cela entraîne de nombreuses frustrations, c’est une sorte d’impunité. Je veux mettre un terme à ce cercle vicieux".

Mais au cours des cinq prochaines années Theo Francken ne veut pas s’arrêter là. "Les Pays-Bas disposent d’environ 2.000 places en centres fermés. Notre pays en a moins de 600. Il y a donc encore de la marge pour étendre la capacité. Il faut donc construire de nouveaux centres mais c’est une solution à long terme.

Actuellement seules 500 des 650 places disponibles sont utilisées". Selon lui, la création d'une centaine de places supplémentaires permettra d'expulser un millier d'illégaux en plus.

"Adopter rapidement une nouvelle loi sur les étrangers"

Theo Francken veut aussi faire adopter rapidement une nouvelle loi sur les étrangers. "Maggie De Block (Open VLD) qui m’a précédé à ce poste n’avait pas eu le temps de le faire. La législation actuelle est complexe et indéchiffrable. Les procédurs sont longues avant de pouvoir procéder à une expulsion. Les délais doivent être plus courts etcela doit intervenir plus rapidement. Je ne veux pas seulement durcir mais je veux mettre en place une politique plus claire et plus juste. Si c’est un non (à une demande d’asile) alors c’est non et si c’est un oui alors ils sont les bienvenus chez nous".

Theo Francken est aussi partisan de permettre à nouveau que les familles sans-papiers avec des enfants mineurs soient enfermées dans le centre fermés 127 bis de Steenokkerzeel. "Il s’agit de familles qui veulent échapper à leur retour forcé en entrant dans l’illégalité", estime le nouveau secrétaire d'Etat N-VA.

 

Francken se focalise uniquement sur la criminalité

"Vluchtelingenwerk Vlaanderen", le réseau flamand des associations pour la défense des réfugiés, demande de pouvoir rencontrer d’urgence le nouveau secrétaire d’Etat à l’Asile et l’Immigration Theo Francken (N-VA).

La porte-parole de ces associations regrette que Theo Francken se focalise sur les criminels dans sa politique de retour forcé.
"Nous remarquons que le discours de Francken est fortement axé sur l'abus d’une part et sur une politique de retour d’autre part et plus particulièrement sur le retour forcé" déclare Els Keytsman de Vluchtelingenwerk Vlaanderen.

"Mais cela n’est qu’un aspect de ce que doit couvrir une politique d’asile. Il s’agit aussi de protéger les gens. Lorsque l’on voit quels sont les défis qui se présentent aux portes de l’Europe, comme les réfugiés venus de Syrie, il faut que le nouveau gouvernement y soit attentif. Nous aimerions pouvoir en parler avec le nouveau secrétaire d’Etat chargé de ce dossier".