SNCB devra économiser 2,1 milliards d’euros d’ici 2019

Les syndicats ont dénoncé, lundi, la volonté du gouvernement d'imposer à la SNCB et Infrabel 2,1 milliards d'économie en 5 ans. Ce chiffre a été confirmé par le cabinet de la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant. La CGSP Cheminots a qualifié les mesures évoquées de "déclaration de guerre". Pour les partis écologistes, ces mesures s’apparentent à un enterrement des chemins de fer.

Le groupe SNCB au complet devrait ainsi réaliser des économies de 188 millions d'euros en 2015, 307 millions en 2016, 426 millions en 2017, 544 millions en 2018 et 663 millions en 2019, rapportait Le Soir lundi matin. "La sécurité sera assurée et le personnel ne sera pas du tout concerné", a assuré sa porte-parole Stéphanie Hotton, à l'Agence Belga.

La CGSP Cheminots a qualifié les mesures évoquées de "déclaration de guerre". Son président, Michel Abdissi, a dénoncé, sur le site de la RTBF, l'incohérence de la volonté gouvernementale: d'une part diminuer les moyens de la SNCB et, d'autre part, imposer une série de contraintes coûteuses.

La permanente nationale de la CSC Cheminots, Marianne Lerouge, a également dénoncé les mesures d'économie sur le site de la RTBF: "Le gouvernement utilise l'argument des économies. Or nous sommes déjà dans une trajectoire budgétaire au niveau du groupe SNCB à un équilibre financier. Et ici, on en remet une couche, sauf que l'effort demandé est tellement important que nous sommes persuadés que nous allons vers une asphyxie de l'entreprise. Notre crainte c'est que l'objectif soit, à terme, de prouver que le service public ne fonctionne pas et d'en arriver à ce que monsieur De Wever a toujours voulu: régionaliser la SNCB!"

Une concertation syndicale devrait avoir lieu jeudi, a indiqué Jean-Pierre Goossens, de la CGSP, à Belga.

"Une décision contre les navetteurs, les citoyens et l'environnement"

Les mesures d'économies de 2,1 milliards d'euros projetées par la ministre de la Mobilité pour la SNCB "remettent en cause les missions de service public de la société de transport" et s'apparentent à un "enterrement", estiment Ecolo et Groen dans un communiqué.

"Chaque jour les voyageurs sont touchés par l'austérité budgétaire qui frappe la SNCB: retards à répétition, trains bondés, trains supprimés dans les régions rurales. Avec des économies supplémentaires de cette ampleur à venir, on peut carrément craindre une disparition de la SNCB au profit d'une exploitation low-cost du rail", dénoncent Marcel Cheron et Stefaan Van Hecke, députés fédéraux.

Si les économies ne touchent ni la sécurité ni le personnel, comme l'a promis la nouvelle ministre, elles auront alors un impact direct sur les voyageurs et les services qui leur sont proposés. "Dans de telles conditions, on voit mal comment le réseau évitera une hausse du prix des billets, une disparition de nouvelles lignes et une réduction du nombre de guichets."

"Enterrer la SNCB, c'est pousser les Belges à prendre la voiture sur un réseau routier saturé et provoquer des problèmes supplémentaires de pollution. Bref, c'est une décision qui est prise contre les navetteurs, contre les citoyens et contre l'environnement", résument les Verts.