Theo Francken à l’anniversaire d’un ancien collaborateur

Plusieurs partis ont réclamé mardi la démission du tout nouveau secrétaire d’Etat à l’Asile et l'Immigration, Theo Francken (N-VA), présent le week-end dernier aux côtés du ministre flamand de la Mobilité Ben Weyts (N-VA) aux 90 ans de l'ancien membre du Vlaamsch Nationaal Verbond (VNV) Bob Maes. Le VNV a collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les deux hommes faisaient partie de la vingtaine d'invités au nonantième anniversaire de Bob Maes. Ben Weyts aurait même prononcé un discours, selon le blog du Front antifasciste.

Né en 1924, ce militant nationaliste a rejoint la Jeunesse national-socialiste de Flandre puis le VNV durant la guerre. Il s'est rendu en 1944 et a été privé de ses droits politiques durant vingt ans. Bob Maes a ensuite fondé et dirigé l'"Organisation des militants flamands" (VMO), association nationaliste radicale dissoute en 1971. Il a été sénateur de 1971 à 1985 et conseiller communal à Zaventem de 1972 à 1986.

Sa fille, Lieve, a été élue au Sénat en 2010 sur la liste N-VA et siège depuis les élections de mai au Parlement flamand.

"Il est très inquiétant que deux membres de gouvernements soient présents à la fête de quelqu'un qui a collaboré pendant la Deuxième Guerre mondiale, qui n'a jamais montré aucun regret et qui ensuite, après la guerre, a même mis sur pied un commando de choc paramilitaire d'extrême droite, le VMO", commente Peter Mertens, président du PTB, premier parti à demander la démission du nouveau secrétaire d’Etat.

Les deux ministres dénoncent une chasse aux sorcières

"J'étais présent ce week-end à l'anniversaire de Bob Maes", reconnaît Theo Francken. "Sénateur d'honneur, Bob Maes a fêté ses nonante ans à la maison communale de Zaventem. Il s'agissait d'une fête officielle, en présence du bourgmestre de Zaventem."

M. Maes "a été membre depuis le début de la Volksunie et de la N-VA". Il "est respecté, tant au sein qu'à l'extérieur du nationalisme flamand, pour son important apport et son combat démocratique pour l'émancipation flamande", souligne encore le secrétaire d’Etat, qui juge "inacceptable de faire subir cette chasse aux sorcières à un homme de nonante ans".

Sollicité par l'Agence Belga, le ministre flamand Ben Weyts reconnaît aussi avoir été présent à la cérémonie d'hommage "pour un homme aimable de 90 ans, ancien sénateur Volksunie et père d'une députée flamande". "Et avec plaisir, même, Bob est un nationaliste-flamand, très méritant, très idéaliste et démocrate", ajoute-t-il. "L'extrême gauche est-elle si désespérée qu'elle fait de telles imbécillités une polémique politique?"

Ce nouveau rebondissement intervient au lendemain d'une polémique concernant les déclarations d'un autre ministre N-VA, Jan Jambon. Dans un entretien à la Libre Belgique, le ministre de l'Intérieur avait estimé que la collaboration avec l'occupant allemand était "une erreur", mais qu'il fallait prendre du recul. "C'est plus facile à dire après. Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. Moi, je ne vivais pas à cette époque-là", avait-il indiqué, avant de condamner, quelques heures plus tard, l’"exploitation de ses propos".

Demandes de démission

Lundi, les partis d'opposition ont vivement appelé le Premier ministre Charles Michel à condamner les propos du ministre de l’Intérieur et vice-Premier ministre Jan Jambon.

Ce mardi, Theo Francken est à son tour sur la sellette. Après le PTB, d’autres partis ont réclamé la démission du secrétaire d’Etat, dont le PS et le SP.A. De son côté, le CDH a demandé mardi au Premier ministre Charles Michel de "condamner sans délai et sans ambiguïté les liens établis entre le secrétaire d'Etat Théo Francken et le VMO, milice privée d'extrême-droite interdite dans notre pays".