Une déclaration gouvernementale dans la cohue générale

L'opposition a chahuté le gouvernement mardi à la Chambre, retardant de quelques instants la lecture par le Premier ministre Charles Michel de la déclaration de gouvernement, sur fond de polémique liée aux accointances de plusieurs membres N-VA de la nouvelle coalition avec des cercles d'extrême droite liés à ce que fut la collaboration durant la Seconde guerre mondiale. Dans son discours, le chef de la coalition suédoise a mis en avant le courage et la responsabilité du nouvel exécutif.

La cheffe de groupe PS Laurette Onkelinx a exigé des explications quant aux déclarations du chef de groupe N-VA Jan Jambon perçues comme étant une relativisation de la collaboration - même si ce dernier a jugé qu'elle fut une erreur - et la parution d'informations indiquant que le secrétaire d'Etat à l'Asile et aux Migrations Théo Francken avait participé le week-end dernier à la fête d'anniversaire d'un ancien collaborateur, fondateur d'une organisation d'extrême droite, le VMO.

Il est bon que la déclaration soit lue dans un climat le plus serein possible, a dit en substance Laurette Onkelinx (petite photo), mais deux événements sont venus perturber cette sérénité depuis la prestation de serment dont la participation de M. Francken à une fête d'anniversaire d'un "collaborateur nazi".

Le nouveau président de la Chambre Siegfried Bracke (N-VA) en a référé à l'ordre du jour, qui prévoit la lecture de la déclaration de gouvernement, pour rejeter la demande d'explication de Laurette Onkelinx.

Demandant la parole, le Premier ministre Charles Michel a souligné qu'il lui était impossible de répondre tant qu'il n'aurait pas la confiance de l'assemblée. "J'entends l'interpellation de Laurette Onkelinx. Je suis évidemment disposé à lui répondre mais dans le respect des méthodes. Il est difficile pour un gouvernement de réagir s'il ne bénéficie pas encore de la confiance. Je demande à pouvoir présenter la déclaration puis, à l'issue du débat (mercredi), je répondrai aux interpellations si nous bénéficions de la confiance", a-t-il dit.

"Un gouvernement du courage et de la responsabilité"

Après cette première intervention, le Premier ministre est monté à la tribune pour lire la déclaration, l'opposition accueillant les premières strophes dans un vacarme peu habituel un jour de rentrée parlementaire.

"Notre gouvernement est celui du courage et de la responsabilité. Je veux un gouvernement qui rassemble et pas un gouvernement qui divise. Je veux mener les réformes nécessaires dans le dialogue et le partenariat. Nous tendrons la main aux partenaires sociaux, aux entités fédérées et à tous les acteurs concernés par nos projets", a déclaré Charles Michel devant la Chambre.

Le Premier ministre a passé en revue les politiques que mènera le nouveau gouvernement. Il a insisté sur l'importance de la création d'activités et d'emplois. "Le développement économique est la clé du projet social", a-t-il lancé.

L'accord conclu entre les quatre partis de la majorité repose sur trois engagements préalables: la stabilité institutionnelle, la mise en valeur de la concertation sociale ainsi qu'une baisse des charges sur le travail et une pression fiscale qui ne peut augmenter.

"La première de nos priorités, celle qui nous obsède, c'est l'emploi. Et nous joignons la parole aux actes. Nous décidons une baisse historique du coût du travail à concurrence de 4 milliards d'euros", a expliqué Charles Michel.

Notons que les écologistes ont réclamé que le gouvernement fournisse les tableaux budgétaires qui traduisent en chiffres la déclaration gouvernementale. Une motion a été déposée en ce sens. La séance a été suspendue quelques minutes. A la reprise, le texte a été rejeté.