"Non, ce n’est pas un gouvernement froid et de droite"

Invités ce dimanche midi dans l’émission télévisée "De Zevende Dag" de la VRT, les présidents des partis flamands de la nouvelle coalition fédérale ont réaffirmé que leur gouvernement n’est pas autant de droite que l’opposition veut le faire paraître. Wouter Beke (CD&V), Bart De Wever (N-VA) et Gwendolyn Rutten (Open VLD) ont défendu la politique du gouvernement Michel Ier, tout en indiquant que chaque citoyen devra faire davantage d’efforts.

Le débat de mercredi et jeudi derniers à la Chambre des représentants aura été long et souvent houleux, l’opposition reprochant notamment à la nouvelle coalition de centre-droit de vouloir appliquer des mesures asociales. Une critique que les présidents des partis flamands du gouvernement Michel Ier ont réfuté ce dimanche midi, dans l’émission "De Zevende Dag" de la VRT.

"Il s’agit d’un gouvernement qui fait des choix. Il y a donc beaucoup de choses à débattre", déclarait Gwendolyn Rutten (Open VLD). "La priorité de ce gouvernement est l’économie. Nous donnons une réduction des charges aux employeurs et aux travailleurs, et nous la combinons avec des réformes dans le domaine du marché de l’emploi et des pensions. Ce sont des recettes libérales typiques. Tout le monde devra travailler".

"Nous disons déjà depuis quelques années que des réformes structurelles sont nécessaires pour pouvoir continuer à financer les pensions. Tout le monde sait très bien qu’il faudra travailler plus longtemps pour pouvoir financer tout cela ", précisait Wouter Beke (CD&V).

"Le saut d’index ? Pas de bon cœur"

"Nous ne formons pas un gouvernement froid et de droite", poursuivait le président des démocrates-chrétiens flamands (photo). "Les soins de santé ont augmenté de 0,9% au cours de la législature passée. Ces prochains 5 ans cela sera de 1,5%. Cela veut dire qu’ils croîtront davantage que du temps de la ministre socialiste (Laurette Onkelinx, ndlr.)".

Selon Wouter Beke, l’enveloppe de la prospérité prouve également que le nouveau gouvernement n’est pas de droite. "Du temps du gouvernement Di Rupo, elle a été introduite à 60%. Nous allons l’exécuter à 100%. Nous débloquons 1,5 milliard d’euros pour cela".

Mais qu’en est-il du saut d’index ? Les salaires et allocations ne seront ainsi pas indexés automatiquement une seule fois, bien que le coût de la vie augmente. "Nous ne défendons pas de gaité de cœur cette mesure", explique Beke, "mais nous avons besoin de cette mesure pour donner un nouvel élan à la compétitivité et réduire le handicap salarial l’an prochain"

"Pas toujours agréable"

Le saut d’index ne signifie pas que le pouvoir d’achat des citoyens va diminuer, soulignait de son côté le président du parti nationaliste, Bart De Wever. "Cela dépendra bien entendu de la conjoncture économique. Si nous enregistrons une croissance économique, alors la situation sera supportable et nous aurons dépassé dans deux ans le tournant. Mais si la croissance économique se fait attendre, cela prendra plus longtemps".

"Nous allons devoir travailler dur, mais il n’y a pas d’autre solution. La seule chose que j’entends actuellement est identique à ce qui se dit en France. Mais alors on aura une situation catastrophale. Le plus petit enfant comprend qui nous devions agir de la sorte. Mais ce n’est évidemment pas toujours agréable », concluait Bart De Wever.

"Nous condamnons depuis des années la collaboration"

Peu avant, le président de la N-VA - qui vient de rentrer d’une mission économique en Chine - avait condamné la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale.

"Nous disons depuis des années qu’elle a été une erreur. Le fait qu’une grande partie du Mouvement flamand, dont je suis un héritier, ait été du mauvais côté est une page sombre de notre histoire. Mais permettez-moi s’il-vous-plait de me concentrer sur des problèmes de ce siècle. Ou dois-je me préoccuper de problèmes datant de la première moitié du siècle dernier ?", déclarait encore Bart De Wever à la VRT.

Le bourgmestre d’Anvers estime que la polémique sur les déclarations du ministre Jan Jambon (N-VA) à propos de la collaboration a été soulevée pour une raison bien précise : "Clairement, cela fait mal au PS de ne plus être au pouvoir".