“On ne peut laisser le MR seul aux mains des néerlandophones”

Dans une interview accordée ce lundi aux quotidiens francophones La Libre Belgique et La Dernière Heure, l’ancienne vice-Première ministre fédérale Joëlle Milquet (CDH, photo) estime que le parti libéral MR - seul parti francophone à faire partie du nouveau gouvernement fédéral - doit s’ouvrir à l’opposition francophone à la Chambre, pour ne pas être broyé par le parti nationaliste flamand N-VA.
Nicolas Lambert

La nouvelle vice-présidente de la Communauté française de Belgique et ministre de l’Education, de la Petite enfance, des Crèches et de la Culture, déclare aux deux quotidiens : "On ne peut pas laisser le MR seul dans les mains des néerlandophones qui font des réunions entre eux avant chaque réunion".

Pour la vice-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les francophones ne sont "absolument" pas respectés dans la coalition fédérale actuelle. "On a donné les clefs de la maison Belgique à la N-VA dans des postes dangereux tels que l'Intérieur. Comme ancienne ministre de l'Intérieur, je suis bien placée pour savoir tout ce qu'on peut y faire de dangereux... Mais il y a aussi la Migration, l'Armée, les Finances... Oui, la N-VA contrôle l'armée et la police! Toute la politique sociale et toute la politique économique sont aussi dans les mains néerlandophones. Les francophones ont les miettes, avec un Premier ministre qui n'a pas de compétences. Dans ce gouvernement, il y a donc une minorisation grave et dangereuse des représentants des francophones, c'est-à-dire le MR pour le moment."

Vendredi déjà, le président du CDH Benoît Lutgen (photo) avait appelé à une réconciliation des libéraux avec les autres partis francophones, afin de pouvoir défendre l'intérêt des francophones au gouvernement fédéral.

Un appel que rejoint donc Joëlle Milquet. "Le MR est obligé d'accepter cette solidarité collective. Sinon, ce serait de la part des libéraux bien pire qu'une trahison des francophones. La relance de cette discussion entre partis est inévitable, tout le monde le sait."

Et l'ancienne présidente des humanistes d’énumérer le menu de ce front francophone avec les libéraux: création d'une communauté métropolitaine autour de Bruxelles, emploi des langues en matière administrative ou encore financement des institutions culturelles fédérales qui sont sur le territoire bruxellois.