La Belgique à nouveau en zone de danger budgétaire?

La Commission européenne a réévalué à la hausse le déficit public de notre pays pour 2014. A politique inchangée, il atteindra 3% et non pas 2,9% du produit intérieur brut (PIB), et 2,8% en 2015. Les prévisions économiques de la Commission européenne sont plus pessimistes que celles du Bureau du Plan : elle évalue la croissance du PIB pour cette année à 0,9%, alors que le Bureau mise sur 1,1%.

A politique inchangée, le déficit public de la Belgique atteindra 3,0% cette année et 2,8% en 2015. Voilà les prévisions économiques d'automne de la Commission européenne, divulguées ce mardi. Le gouvernement de Charles Michel devra donc poursuivre les coupes budgétaires s'il veut atteindre son objectif, à savoir ramener les finances publiques à l'équilibre en 2018.

La trajectoire budgétaire remise fin octobre par le gouvernement belge à la Commission européenne prévoit une diminution progressive du déficit, à 2,1% l'an prochain, à 1,3% en 2016 et à 0,4% en 2017. La Commission européenne se montre cependant nettement moins optimiste: elle mise sur un déficit obstinément proche de la limite de 3%, tant en 2015 qu'en 2016 (2,8% les deux années).

Elle est également plus pessimiste sur le front de la dette publique. Alors que le gouvernement fédéral mise sur un léger tassement du taux d'endettement l'an prochain à 105,1%, après 105,6% cette année, la Commission prévoit quant à elle une nette aggravation à 107,3% du PIB en 2015.

Cet écart s'explique en grande partie par des prévisions de croissance économique très divergentes. Alors que la Commission européenne prévoit que le produit intérieur brut croîtra de 0,9% en Belgique en 2014 et 2015, le Bureau du Plan est nettement plus optimiste. Il mise sur 1,1% en 2014 et 1,5% en 2015.

Probablement pas de procédure en déficit excessif

Les déficits des pays membres de la zone euro doivent rester sous la barre des 3%, sous peine de voir initiée une procédure en déficit excessif à leur encontre, au terme de laquelle une amende peut éventuellement leur être infligée.

Le cas de la Belgique devrait atterrir en "délibération" au sein de la Commission, mais il apparaît hautement improbable qu'une procédure soit lancée contre notre pays, estimait-on dans les rangs du gouvernement fédéral.

Pour le nouveau ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA, photo), "le budget 2014 est un héritage de Di Rupo et cela prouve encore une fois que les mesures d'économie que nous mettons en place sont cruciales si on veut mettre de l'ordre dans nos comptes publics".

En avril dernier, le gouvernement fédéral alors guidé par Elio Di Rupo (PS) aurait ainsi estimé trop à la hausse les rentrées provenant des recettes fiscales.