Chaos annoncé à Bruxelles ce jeudi

Les trois grands syndicats du pays vont défiler dans les rues de la capitale ce jeudi. La circulation des trams, bus et métros de la Stib devrait être complètement à l'arrêt. Le réseau de De Lijn sera lui aussi touché par des perturbations. La circulation sera donc difficile, d'autant plus que les tunnels Léopold II et Rogier seront fermés dans les deux sens. Les trains devraient toutefois rouler normalement.
BELGA/LALMAND

Les manifestants se rassembleront à la gare du Nord à partir de 10H00 pour prendre le départ vers 12H00. Le cortège syndical se dirigera alors vers la gare du Midi via le boulevard Simon Bolivar pour rejoindre le quai de Willebroeck. Les militants emprunteront ensuite la Petite Ceinture via la place de l'Yser avant de s'engager sur les boulevards du centre (Jacqmain, Anspach et Lemonnier) et de rejoindre l'esplanade de la gare du Midi vers 14H00. Les représentants syndicaux, Marc Goblet et Rudy De Leeuw pour la FGTB, Marie-Hélène Ska et Marc Leemans pour la CSC et Jan Vercamst pour le CGSLB, prendront alors la parole avant la dislocation du cortège une heure plus tard.

La situation des transports en commun bruxellois demeure incertaine. Selon la CSC Services publics Stib, le réseau de la Stib sera totalement à l'arrêt et aucun bus, tram ou métro ne devrait circuler à Bruxelles jeudi. Le syndicat chrétien indique que plus de 80% des travailleurs de la société bruxelloise ont exprimé leur volonté de participer à la manifestation nationale. "Il n'est pas possible de permettre aux travailleurs d'exprimer leur mécontentement et d'assurer simultanément un service même minimum aux voyageurs lors d'une manifestation nationale", a estimé Oliver Rittweger, président des délégués Bus-Tram-Métro de la CSC Services publics Stib. En conséquence, "l'ensemble du réseau devrait donc être quasiment à l'arrêt complet (jeudi) entre début et fin de service, et la circulation ne reprendra normalement que vendredi en début de service".

La CGSP se veut quant à elle plus rassurante et estime qu'environ 60% des métros, 50% des trams et 40% des bus circuleront jeudi, précisant également qu'aucun piquet de grève n'empêchera les travailleurs de prendre leur service. Contactée par l'agence Belga, la Stib n'était pas en mesure mardi d'indiquer si ses véhicules seront en mesure d'assurer le service.

Le réseau de De Lijn sera lui aussi touché par des perturbations car de nombreux membres du personnel souhaitent participer à la manifestation, a averti Jan Coolbrandt, du syndicat chrétien ACV. Selon lui, des bus et des trams circuleront puisqu'il n'y a pas eu d'appel formel à la grève. Néanmoins, comme certains membres du personnel souhaitent manifester, des perturbations sont à craindre. L'ampleur de celles-ci est par contre difficile à évaluer, mais elles devraient être plus importantes à la périphérie de Bruxelles.

La circulation sera donc difficile jeudi dans la capitale, d'autant plus que les tunnels Léopold II et Rogier seront fermés dans les deux sens à partir de 10H30, de même que l'Allée verte, située le long du canal, a prévenu la police de Bruxelles.

La circulation et le stationnement seront interdits sur l'ensemble du parcours, y compris aux emplacements de parking situés le long de la berme centrale de la Petite Ceinture, sur les boulevards du Midi, Pointcarré et de l'Abattoir. Les véhicules qui s'y trouveraient encore jeudi seront enlevés.

Les trains rouleront pour leur part de manière tout à fait régulière partout en Belgique, a confirmé la CSC. Plusieurs trains seront également ajoutés pour acheminer les manifestants à la gare du Nord.

En dehors de Bruxelles, le réseau des TEC annonce que des perturbations sont à prévoir partout en Wallonie en raison de la participation de certains agents à la manifestation. La société des transports publics conseille d'ores et déjà de préférer le covoiturage et de se tenir informé des conditions de trafic via sa page Facebook et son site infotec.be.

Les prisons seront elles aussi impactées par la mobilisation de jeudi. Afin de permettre aux agents pénitentiaires de se rendre à la manifestation, les syndicats ont déposé un préavis de grève pour la journée. Les services de police sont censés prendre le relais, mais le syndicat policier SNPS a lancé un mot d'ordre de grève pour le "non-remplacement" des gardiens dans les prisons et centres fermés du mercredi à 22H00 au jeudi 22H00.

"Un acte de résistance contre l'accord de gouvernement fédéral"

Annoncée le 15 octobre dernier par le front commun syndical, la manifestation se veut un acte de "résistance" contre l'accord de gouvernement fédéral, jugé "anti-social, déséquilibré et injuste". Le saut d'index, la réforme des pensions ou encore le manque d'investissements des projets figurent parmi les points les plus violemment décriés par les représentants des travailleurs.

Les syndicats ne se risquent pas à faire de pronostics à l'heure actuelle. Les deux dernières grandes manifestations nationales menées contre l'austérité en décembre 2011 et sous le gouvernement Di Rupo en février 2013 avaient respectivement attiré entre 50.000 et 80.000 manifestants et entre 30.000 et 40.000 militants.

La manifestation nationale sera suivie par une série de grèves tournantes. Le lundi 24 novembre, les travailleurs des provinces de Liège, Luxembourg, Limbourg et Anvers débrayeront. Le 1er décembre, ce sera au tour de ceux des provinces de Namur, du Hainaut, de Flandre-Orientale et de Flandre-Occidentale. Le 8 décembre, ce sera au tour de la région de Bruxelles et des deux Brabant de mener l'action avant, le lundi 15 décembre, la tenue d'une grève nationale.