"Nous attendons aussi un signal des employeurs"

Invités jeudi soir sur le plateau de l’émission "Terzake" de la VRT, les vice-Premiers ministres fédéraux Alexander De Croo (photo, à g.) et Jan Jambon (photo, à dr.) ont estimé qu’après la manifestation nationale de jeudi à Bruxelles le patronat doit se prononcer clairement sur sa volonté d’investir réellement dans l’innovation et la création d’emplois. Afin de lever les craintes de la population.

Jeudi en fin d’après-midi, les syndicats répondaient positivement à l’invitation du Premier ministre Charles Michel, pour une réunion de concertation avec les principaux ministres du gouvernement fédéral sur leurs projets d’économies. D’après le vice-Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), les conséquences de la manifestation sont déjà claires.

"Le résultat est du moins que les syndicats ont accepté de s’asseoir à notre table, ce qui est déjà un grand pas. Cela démontre qu’ils sont prêts à dissiper le manque de clarté sur notre politique par le biais d’une concertation. L’étape suivante est que les employeurs se joignent à nous".

Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), attend également un geste du patronat. "Cet assainissement est sans précédent et pas indolore. Les épaules les plus larges doivent porter les charges les plus lourdes. Cela signifie aussi que les employeurs doivent donner un signal clair sur le fait qu’ils sont effectivement prêts à investir dans l’emploi, l’innovation et la formation".

Jambon qualifiait jeudi soir la réunion avec les syndicats de "courtoise". Il souligne que le gouvernement leur tend la main pour une bonne discussion à propos des mesures à prendre. "Il y a la possibilité d’élaborer de bonnes constructions. La volonté de négocier est présente. Notre but reste encore de créer un climat positif pour les investissements".

"Condamner toujours la violence"

Les ministres De Croo et Jambon ont d’autre part condamné les débordements qui ont eu lieu au terme de la manifestation à Bruxelles, jeudi après-midi. "Il faut condamner la violence partout, mais certainement dans pareil contexte. On a attaqué des gens qui essayaient de garantir la sécurité d’autres personnes", déclarait Alexander De Croo, en parlant notamment d’agents de police.

"Heureusement, il s’agissait d’un petit groupe d’émeutiers. Etant donné qu’ils étaient saouls et qu’ils avaient des bâtons et de la munition déjà dans le train qui les amenait à Bruxelles, ils n’avaient sans doute pas besoin de grand-chose pour se sentir menaçants", estime Jan Jambon. "Mes pensées vont en tous cas aux blessés et à leurs familles".

Nicolas Maeterlinck

De Wever : "Les syndicats n’ont aucune alternative"

Interviewé jeudi soir à la télévision publique néerlandaise à propos de la manifestation organisée en front commun syndical, le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (photo) affirmait : "Les syndicats n'ont aucune alternative: ils veulent que nous copiions la France, mais ce pays est dans une situation infiniment pire" que la nôtre.

"Notre pays a une importante organisation syndicale qui est forte pour mobiliser", reconnaît le bourgmestre d'Anvers. "Mais il n'y a pas d'alternative à notre politique. Nous devons maintenant persévérer et créer des perspectives pour les gens. D'autres pays qui nous ont précédés sont aussi passés par ces moments difficiles."

A propos de racisme et de radicalisation

Interrogé d’autre part sur l'absence - dans sa politique menée à Anvers - de la moindre proposition pour mieux intégrer dans la société les membres de la communauté musulmane et les jeunes allochtones et, de cette manière, prévenir le radicalisme, Bart De Wever a répliqué que "nulle part ailleurs, les gens ne reçoivent autant d'opportunités que chez nous". Il a rappelé que c'était son parti qui avait plus ou moins inventé le parcours d'intégration.

"Qu'il y ait davantage de signalements de racisme et de discriminations est simplement dû au fait que nous y sommes toujours plus sensibles", a ajouté le bourgmestre anversois, espérant qu'un changement de mentalité se produise parmi les employeurs et les propriétaires de biens immobiliers.

Enfin, le président des nationalistes flamand a estimé que "ce n'était pas la faute de la société" si des personnes se radicalisent à la suite de frustrations éprouvées en Belgique, et qu'il s'agissait là d'un choix individuel.