La restauration de l’Agneau Mystique prolongée de 18 mois

A la suite de la découverte récente et surprenante d’une couche de surpeint, datant du 17e siècle, sur le retable des frères Van Eyck (15e siècle), la restauration de l’œuvre conservée en la cathédrale Saint-Bavon de Gand (Flandre orientale) sera prolongée d’un an et demi et coûtera 480.000 euros supplémentaires.

En juin dernier, les experts qui restaurent le célèbre retable des frères Jan et Hubert Van Eyck - peint au 15e siècle et conservé en la cathédrale Saint-Bavon de Gand - faisaient une découverte surprenante. Une grande partie du polyptyque a été couverte d’une couche de surpeint au début du 17e siècle, par un peintre inconnu.

Cette couche de vernis jaunâtre modifie l’esthétique et l’iconographie. Il faudra donc plus longtemps et davantage de moyens pour restaurer l’œuvre mondialement connue. Le surpeint sera enlevé, pour mieux rendre la qualité exceptionnelle du retable des Van Eyck.

"Il y a tellement d’informations qui ont été récoltées, notamment grâce à une étude très intensive de l’œuvre, par l’observation mais aussi avec des techniques non-destructives de recherche", explique Christina Ceulemans, directrice faisant fonction de l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA).

"Le résultat final représentera un changement spectaculaire. Le fait d’enlever la couche de vernis a déjà donné une nette amélioration de l’intensité des couleurs. En enlevant le surpeint, la différence entre les différents panneaux disparaîtra. Ce qui profitera à l’œuvre dans son ensemble".

Coûts supplémentaires

Le cabinet du ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) a fait savoir jeudi que le gouvernement flamand affectera 380.000 euros supplémentaires pour la restauration de "L'adoration de l'Agneau mystique". Les ministres Sven Gatz (chargé de la Culture) et Geert Bourgeois (en charge aussi du Patrimoine immobilier et de la Politique extérieure) vont libérer chacun 190.000 euros.

Le Fonds Inbev-Baillet Latour déboursera quant à lui 100.000 euros, pour couvrir ainsi le total de 480.000 euros supplémentaires qui s’avèrent nécessaires.

Le coût des travaux de restauration avait été estimé initialement à 1,2 million d'euros. La première phase avait été entamée il y a deux ans et aurait dû s'achever normalement fin octobre. La deuxième phase devrait débuter au printemps 2016, selon le nouveau calendrier.