"Deux fois j’ai eu peur pour l’avenir de l’euro"

Dans une interview parue ce samedi dans le quotidien néerlandais Het Financieele Dagblad, le Belge Herman Van Rompuy (photo), qui quittera fin novembre son poste de président du Conseil européen, avoue avoir craint deux fois pour l’avenir de la monnaie de l’union économique et monétaire, partagée actuellement par 18 pays de l’Union européenne.

La première fois que le président du Conseil européen a craint pour l’avenir de l’euro remonte à novembre 2011, lors du G20 à Cannes. "Ce fut pour moi le pire absolu. Les Grecs voulaient un référendum, pas sur l'euro mais sur le paquet de mesures d'assainissement auquel ils pourraient être soumis. Avec une telle demande, nous savions que cela se terminerait en catastrophe. Heureusement, nous avons réussi à les faire changer d'avis", explique Herman Van Rompuy dans l'interview.

L’ancien Premier ministre belge, âgé de 67 ans, évoque aussi le mois d'août 2012, lorsque la reprise de la confiance a été mise à mal par l'annonce de l'union bancaire. "Ce mois d'août-là fut un mois horrible. J'étais en vacances en Espagne et je me suis alors demandé dans quelle zone euro je reviendrais", dit-il.

La promesse du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi d'un programme illimité de rachat de dette avait alors finalement apaisé l'atmosphère.

Herman Van Rompuy estime par ailleurs qu'une coopération plus forte entre l'Allemagne et la France est nécessaire pour garantir la réussite de la poursuite de l'intégration européenne. "Si mon successeur souhaite élargir l'Union économique et monétaire, il faut réunir au moins deux conditions: la Commission européenne doit jouer un rôle actif et il faut une coopération franco-allemande plus forte".

Van Rompuy prendra sa pension à la fin de ce mois. Le 1er décembre, il passera le flambeau de la président du Conseil européen à l’ancien Premier ministre polonais Donald Tusk.