"Les gens attendent qu’on demande aussi un effort aux riches"

Invité ce dimanche midi sur le plateau de l’émission dominicale "De Zevende Dag" (VRT), le ministre fédéral de l’Emploi, de l’Economie et des Consommateurs Kris Peeters (CD&V, photo) a affirmé comprendre l’appel de la population et de l’ancien Premier ministre Yves Leterme (CD&V), qui plaidait samedi dans la presse pour une répartition équitable des efforts, en taxant aussi les grosses fortunes.

"Pendant les négociations pour la formation d’un gouvernement fédéral, nous avons débattu fermement sur des impôts sur les plus-values d’actifs. Les gens attendent que nous demandions aussi clairement un effort aux plus fortunés. Et je pense qu’Yves Leterme a raison lorsqu’il s’interroge pourquoi le gouvernement ne demande pas de contribution aux plus riches", déclarait le ministre fédéral de l’Emploi et de l’Economie, Kris Peeters (CD&V), ce dimanche sur le plateau de l’émission "De Zevende Dag".

"Mais j’ai aussi compris que le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), a déclaré que l’on pouvait éventuellement négocier une 'tax shift'". Le vice-Premier ministre trouve normal que la population réclame davantage d’explications sur l’impôt sur les plus-values d’actifs. Mais il n’a pas voulu s’exprimer sur d’éventuelles taxations des plus nantis.

"Si les actions continuent, pas de concertation avant le 15/12"

Kris Peeters tente momentanément d’organiser une concertation avec les partenaires sociaux. "Mais on ne peut pas en même temps s'asseoir à table et protester dans la rue", estime-t-il. Si les manifestations se poursuivent effectivement jusqu’au 15 décembre, une concertation ne pourra débuter avant cette date, estime-t-il

Kris Peeters compte examiner "les pièces du puzzle" et dégager des marges pour la négociation, tant dans les revendications syndicales que dans l'accord de gouvernement, notamment en matière d'enveloppe bien-être et de "tax shift".

Dans ce contexte, il reconnaît les attentes en matière de taxation du capital, qui se sont manifestées cette semaine notamment après la revente d'Omega Pharma par son patron Marc Coucke à un groupe américain plus de 3,5 milliards d’euros. Ce dernier ne paiera en effet aucun impôt sur la revente de ses actions.

L'idée d'une taxation du capital n'est toutefois pas partagée par ses partenaires de majorité. Sur le plateau de la VRT, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) a souligné qu'elle n'était pas inscrite dans l'accord de gouvernement. Du côté des libéraux d'Open VLD, le vice-Premier ministre Alexander De Croo s'y est également opposé.