Le CEO d’Electrabel estime que le prix de l’électricité pourrait doubler

Selon le CEO d’Electrabel, le prix de l’électricité pourrait doubler dans les années à venir parce que les prix actuels sur le marché - 40 euros par MWh - ne permettent plus aucun investissement. Or il faut investir dans de nouvelles centrales pour garantir une sécurité d’approvisionnement à long terme, affirme Philippe Van Troeye dans les quotidiens financiers De Tijd et L’Echo.

Au cours des 10 mois que Philippe Van Troeye dirige la société Electrabel, les réacteurs Doel 3 (Flandre orientale) et Tihange 2 (province de Liège) - dont les cuves ont des parois d’acier qui présentent des milliers de fissures - ont à nouveau dû être fermés pour des raisons de sécurité, tandis que le réacteur Doel 4 est également à l’arrêt, à la suite d’un probable sabotage.

"La fermeture de 3 réacteurs pèse lourd", reconnait le CEO d’Electrabel Philippe Van Troeye dans les colonnes des quotidiens De Tijd et L’Echo. "Mais cette fermeture est un problème temporaire. Il y a surtout des problèmes structurels". Van Troeye (photo) veut parler de la nécessité de faire des investissements structurels dans la production.

Il insiste sur la nécessité de créer un cadre qui permette d'investir dans de nouvelles centrales, que ce soit pour remplacer les vieux outils ou servir de back-up aux renouvelables. Ce qui devrait entraîner une augmentation des prix de l'électricité elle-même, qui représente aujourd'hui environ 20% de la facture.

"Nous sommes un industriel aux racines belges, nous voulons investir dans des outils de production locaux, mais pour cela, il faut les conditions de rentabilité nécessaires. Au prix actuel de 40 euros par MWh, il n'est plus possible de valoriser un investissement. Il n'y a pas de miracle. On ne peut pas vouloir un prix bas, vouloir du renouvelable qui coûte beaucoup plus cher et qui rend certaines centrales classiques non rentables, et en même temps avoir la sécurité d'approvisionnement. Ce n'est pas possible! Il faut rester connecté à la réalité", déclare le patron d'Electrabel.

Philippe Van Troeye affirme en outre qu'il n'investira pas 600 millions d'euros ou plus dans la prolongation pour dix ans des réacteurs de Doel 1 et 2, si la taxe nucléaire n'est pas révisée. Selon lui, la fiscalité sur le nucléaire est devenue "insoutenable".