Jean-Charles Luperto démissionne comme président de parlement

Au lendemain de perquisitions à son domicile et à son bureau de bourgmestre de Sambreville (province de Namur), le président du parlement de la Fédération de Wallonie-Bruxelles et bourgmestre de Sambreville Jean-Charles Luperto (PS) a annoncé sa démission lundi soir. Il fait en effet l’objet de soupçons d’outrage public aux mœurs en présence de mineurs de moins de 16 ans. Le socialiste de 40 ans nie les faits, et souhaite bénéficier de la présomption d’innocence "comme tout citoyen".

"Afin d'assurer ma défense dans la sérénité et étant donné que les accusations dont je fais l'objet nuisent à l'autorité indispensable au bon fonctionnement des institutions, je crois utile d'une part de démissionner de ma fonction de président du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et, d'autre part, de procéder à la désignation d'un échevin en qualité de bourgmestre faisant fonction de la commune de Sambreville", a indiqué Jean-Charles Luperto dans un communiqué transmis à l'agence Belga par ses avocats.

"Ces décisions n'impliquent de ma part aucune reconnaissance d'une quelconque culpabilité pénale et j'estime pouvoir bénéficier, comme tout citoyen, de la présomption d'innocence, garantie démocratique de notre état de droit", a ajouté le député wallon. Cette démission fait accéder la première vice-présidente Valérie De Bue (MR) au perchoir de l'assemblée francophone.

Depuis dimanche soir, la presse fait état de soupçons de faits d'exhibitionnisme, que Luperto aurait commis dans les toilettes d'une station-service de l'autoroute E42 à Spy, non loin de Sambreville. La qualification retenue par le parquet de Namur à l'encontre de cette étoile montante du PS est l'outrage public aux mœurs en présence de mineur(s) de moins de 16 ans, a indiqué lundi le procureur du roi de Namur. Quatre plaintes ont été déposées entre avril et octobre derniers.

"Il s'agit d'une qualification sérieuse" mais Monsieur Luperto "n'est pas encore inculpé", et la levée de son immunité parlementaire n'a pas été demandée, a souligné le magistrat. S'il conteste s'être exhibé en présence de qui que ce soit, qu'il soit majeur ou mineur, Jean-Charles Luperto a toutefois reconnu, par l'intermédiaire de ses avocats, avoir fréquenté l'aire d'autoroute de Spy (près de Namur) afin de faire des rencontres, l'endroit étant connu par la communauté homosexuelle comme un lieu de rencontres, rapportent plusieurs médias ce mardi.

Luperto sera entendu jeudi à Namur par les enquêteurs, a indiqué l’un de ses avocats.

Âgé de 40 ans, le socialiste avait accédé à la présidence du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles après les élections régionales de 2009 et le PS l'avait reconduit dans cette fonction après le scrutin du 25 mai dernier. Il avait en outre été élu bourgmestre de Sambreville en octobre 2006.

Luperto avait défrayé la chronique pour un coup de fil anonyme d'insultes et de menaces qu'il avait adressées en 2007 - pour plaisanter, disait-il - à son collègue le bourgmestre de Jemeppe-sur-Sambre, Joseph Daussogne (PS tout comme lui), qui avait porté plainte.

La procédure judiciaire avait suivi son cours, mené à une levée d'immunité parlementaire pour Luperto, et abouti à un non-lieu en chambre du conseil.