L’ancien chef de la Défense dénonce de nouvelles économies

La Défense va devoir subir une nouvelle cure d’économies, 1,6 milliards d’euros prévues par le gouvernement Michel. Pour l'ancien chef de la Défense belge, Charles-Henri Delcour, la coupe est pleine.

Dans une lettre ouverte transmise à la VRT, il signale un "énorme danger" pour le travail au quotidien et les investissements indispensables, alors que se produit pourtant un "revirement géostratégique fondamental". Il dénonce la politique d’extinction du gouvernement Michel.

"Il sera impossible de gérer la Défense efficacement", estime le général Delcour. "Ce qui me frappe, c'est qu'il y a deux mois, lors du sommet de l'Otan au Pays de Galles, la Belgique a promis qu'elle ne diminuerait pas le budget de la Défense, alors que les décisions politiques prises récemment démontrent tout le contraire."

Charles-Henri Delcour distingue divers dangers. "Les programmes d'investissements vitaux" sont menacés d'être gelés définitivement et le travail au quotidien ainsi que l'entraînement du personnel en souffrira.

De plus, la Belgique est déjà "un mouton noir" depuis longtemps parmi les membres de l'Otan et la forte pression internationale semble inévitable si les budgets diminuent encore, évalue l'ancien chef de la Défense.

Le nouveau gouvernement ferait pourtant mieux d'analyser sérieusement sa politique de défense belge, estime-t-il. "Car nous - la Belgique, l'Europe et l'Otan - nous sommes fortement trompés dans notre estimation de l'évolution de notre environnement sécuritaire", explique-t-il se référant à l'invasion russe de la Crimée et la situation en Irak ainsi qu'en Afghanistan.
 

Steven Vandeput : "Je comprends son inquiétude"

Le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) a réagi brièvement. "Nous prenons acte" a-t-il déclaré.

"Nous comprenons les préoccupations du général Delcour sur l’avenir de l’armée. Mais il faut savoir que nous travaillons sur un plan à long terme et nous ne pouvons pour l’instant pas savoir quelles en seront les conséquences".

"Les engagements internationaux de notre pays ne seraient pas compromis. Même dans le cadre budgétaire actuel" estime encore le ministre.

Steven Vandeput croit en l’avenir d’une Défense solide qui pourra se placer comme un partenaire fiable sur le plan international.
 

Qui est Charles-Henri Delcour ?

En 2009, le lieutenant-général Charles-Henri Delcour avait succédé  au général August Van Daele, à la tête de la Défense.

Suite à de nombreuses divergences de vues avec l'ancien ministre de la Défense Pieter de Crem, Charles-Henri Delcour avait remis sa
démission en 2013 soit à un an de la fin normale de son mandat.