Arrêt de travail des interprètes judiciaires

Des traducteurs et interprètes de justice ont fait grève pendant deux heures ce vendredi au Palais de justice de Bruxelles (photo), pour protester contre les retards de paiement de plusieurs mois de leurs honoraires et factures. Une situation d’autant plus pénible qu’ils doivent payer la TVA depuis janvier 2014. Ils rencontreront le ministre de la Justice, Koen Geens, lundi.

Une vingtaine de traducteurs et interprètes de justice néerlandophones se sont croisé les bras ce vendredi entre 9h et 11h au Palais de justice de Bruxelles. Ils s'étaient rassemblés devant le bâtiment, où ils ont pu faire entendre leur voix auprès des médias et des magistrats. Plusieurs affaires ont été reportées ou décalées de quelques heures, vendredi, dans les différentes instances judiciaires néerlandophones à Bruxelles, à la suite de l’action des interprètes des cours et tribunaux.

Les interprètes judiciaires tirent la sonnette d'alarme. Ils dénoncent le non-paiement par le ministère de la Justice d'un grand nombre de leurs factures, depuis plusieurs mois. Au total, la justice leur doit à ce jour un montant d'environ 136 millions d'euros, d’après eux.

"Certains ne sont plus payés du tout depuis des mois. Ce n'est pas normal et ce n'est pas acceptable. Cette fois, c'est assez! Il faut que la justice trouve une solution pour que ces factures soient payées", a déclaré un des interprètes. D'après ceux-ci, il s'agit d'un manque de respect total pour leur travail de la part du ministère de la Justice, alors que ce dernier ne peut se passer de la collaboration d'interprètes.

Lundi, les interprètes se rendront au cabinet du ministre Koen Geens (CD&V) dans l'espoir que ce dernier entende leurs réclamations et qu'une solution durable soit trouvée pour une rétribution régulière de leurs prestations.

A Anvers également, dans le Palais de justice, une vingtaine de traducteurs et interprètes se sont mobilisés contre le non-paiement de leurs factures.

Lettre ouverte au ministre Geens

Les traducteurs et interprètes ont adressé une lettre ouverte au ministre de la Justice, requérant davantage de respect pour leur travail. "Certains d’entre nous sont au bord de la faillite et risquent de tomber dans des situations dramatiques si aucune solution rapide et structurelle n'est trouvée concernant les arriérés de paiement", mettent-ils en garde.

Un budget serait prévu, mais les traducteurs ne recevraient pas leur salaire avant mars 2015. "La situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement ne peut plus durer. Nous avons tous des familles à entretenir, des enfants à charge, des loyers à payer ou des emprunts à rembourser", rappellent-ils au ministre.

"Le droit à une traduction ou à l'assistance d'un interprète lors d'un procès est un droit fondamental. Tout comme le fait d'être rémunéré pour son travail. Nous ne demandons pas plus que le respect des droits de l'Homme", concluent-ils. Les traducteurs et interprètes liront cette lettre lundi lors d'une réunion prévue au cabinet du ministre de la Justice.